VIE DE LA FONTAINE. xxvii
jopie. Cet ouvrage est resté perdu, on n’en sçait pasmême le titre.
Parmi tous ces débats & toutes ces exhortations, où seTouvoient' employées tantôt une douce persuasion » &:antôt la crainte des peines de s autre vie; je ne dois pasoublier les réflexions de la Garde de La Fontaine, quidésignent d’une manière aussi naturelle qu’originale, lesfentimens & l’opinion qu’il inspiroic de lui. Ehl ne letmmentez pas tant , dit-elle un jour avec impatience auî. Pou jet, il est plus bête que méchant. Une autrefois avectin air de compassion, Dieu n’aura jamais , disoit-elle, lecourage de le damner.
Enfin après plus de six semaines de conférences assidues& redoublées, La Fontaine fit une confession générale,& reçut le Saint Viatique le 12 Février 1693, avec desfentimens dignes de la candeur de son aine, & des vertusdu meilleur Chrétien, C’est dans ce moment qu’avecune présence d’esprit admirable, & dans les meilleurstermes, il détesta ses Contes (*) en présence de Mes-sieurs de l’Académie. Il les avoit fait prier de se rendrechez lui par Députés, pour être les témoins publics deson repentir, de ses dispositions, & de la protestation auten-tique qu’il fit de n’employer ses talens à l’avenir, s’ilrecouvroit la santé, qu'à des sujets de piété (f).
(*) Il renonça en môme temps au profit qui devoir lui revenir d’unenouvelle édition de ses Contes , qu’il avoit rétouchée, & qui s’impri-moit alors en Hollande.
(t) Quelques-uns crurent alors que Lafontaine étoit mort, ou qu’ilne releveroit point de cette maladie; & ce fut dans ce temps que lePoète Ligniere répandit dans Paris l’Epigramme suivante.
Je ne jugerai de ma vieD'un homme avant qu'il soit éteint: t
Petison est mort en impie,
Et La Fontaine comme un saint.
Cependant aucun de ces faits n’étoient vrais. Car La Fontaine ne mourutpas; & de ce que la violence de la maladie avoir surpris Peliffon fins luidonner le temps de recevoir les derniers Sacremens qu’il avoir différé au.endemam, 1 on ne pouvoir en Insérer qu’il sût mort eu impie.
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