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Oeuvres De Molière : Avec Des Notes De Tous Les Commentateurs
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L'ÉTOURDI,

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Et la mettre en tes mains pour achever le reste.

MASCARILLE seul.

Bon; allons avertir mon maître de ceci.

"Vive la fourberie, et les fourbes aussi !

, SCÈNE X.

HIPPOLYTE, MASCARILLEHIPPOLYTE.

Oui, traître, c’est ainsi que tu me rends service !

Je viens de tout entendre, et voir ton artifice :

A moins que de cela, l’eussé-je soupçonné ?

Tu couches d’imposture (1), et tu m’en as donné.

Tu m’avais promis, lâche , et j’avais lieu d’attendreQu’on te verrait servir mes ardeurs pour Léandre ;

Que du choix de Lélie, où l’on veut m’obliger,

Ton adresse et tes soins sauraient me dégager ;

Que tu m’affranchirais du projet de mon père :

Et cependant ici tu fais tout le contraire !

Mais tu t’abuseras ; je sais un sûr moyenPour rompre cet achat où lu pousses si bien ;

Et je vais de ce pas...

MASCARILLE.

Ah ! que vous êtes prompte !

La mouche tout d’un coup à la tête vous monte (2),

Et, sans considérer s’il a raison ou non,

Votre esprit contre moi fait le petit démon.

J’ai tort, et je devrais, sans finir mon ouvrage,

Vous faire dire vrai, puisqu’ainsi l’on m’outrage.

HIPPOLYTE.

Par quelle illusion penses-tu m’éblouir ?

Traître, peux-tu nier ce que je viens d’ouïr ?

MASCARILLE.

Non. Mais il faut savoir que tout cet artificeNe va directement qu’à vous rendre service ;

Que ce conseil adroit, qui semble être sans fard,

(1) Coucher d'imposture, pour payer de ruses, de mensonges. Cettemanière de s’exprimer, dit Voltaire, n’est plus admise : elle vient duJeu. On disait : couché de vingt pistoles , de .trente pistâtes, couchebette.

(2) Imitation du proverbe italien : salir le mosche al naso. On dit pro-verbialement en français, qu’un homme est tendre aux mouches, qu’ilprend la mouche, que la mouche le pique, pour exprimer qu’il est tropsusceptible, qu'il se fâche mal à propos. ( B.)