Buch 
Oeuvres De Molière : Avec Des Notes De Tous Les Commentateurs
Entstehung
Seite
30
JPEG-Download
 

30 l’étourdi,

MASCARILLE à part, en s’en allant.

Il faut que je l’attrape, et que de ses desseinsJe sois le confident, pour mieux les rendre vains.

LÉANDRE seul.

Grâces au ciel, voilà mon bonheur hors d’atteinte;J’ai su me l’assurer, et je n’ai plus de crainte.

Quoi que désormais puisse entreprendre un rival,U n’est plus en pouvoir de me faire du mal.

SCÈNE IX.

LÉANDRE, MASCARILLE.

MASCARILLE dit ces deux vers dans la maison, et entre sur le théâtre.Ahi ! à l’aide ! au meurtre 1 au secours ! on m’assomme !

Ah ! ah ! ah ! ah ! ah ! ah ! O traître ! ô bourreau d’homme !

LÉANDRE.

D’où procède cela ? Qu’est-ce ? que te fait-on ?

MASCARILLE.

On vient de me donner deux cents coups de bâton.

LÉANDRE.

Qui?

MASCARILLE.

Lélie.

Et pourquoi ?

LÉANDRE.

MASCARILLE.

Pour une bagatelleIl me chasse, et me bat d’une façon cruelle.

LÉANDRE.

Ah ! vraiment il a tort.

MASCARILLE.

Mais, ou je ne pourrai,

Ou je jure bien fort que je m’en vengerai.

Oui, je te ferai voir, batteur que Dieu confonde,Que ce n’est pas pour rien qu’il faut rouer le monde;Que je suis un valet, mais fort homme d’honneur,

Et qu’après m’avoir eu quatre ans pour serviteur,

Il ne me fallait pas payer en coups de gaules,

Et me faire un affront si sensible aux épaules.

Je te le dis encor, je saurai m’en venger :

Une esclave te plaît, tu voulais m’engagerA la mettre en tes mains, et je veux faire en sorteQu’un autre te l’enlève, ou le diable m’emporte.