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Oeuvres De Molière : Avec Des Notes De Tous Les Commentateurs
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ACTE II, SCÈNE IX.

LÉANDRE.

Écoute, Mascarille, et quitte ce transport.

Tu m’as plu de tout temps, et je souhaitais fortQu’un garçon comme toi, plein d’esprit et fidèle,

A mon service un jour pût attacher son zèle :

Enfin, si le parti te semble bon pour toi,

Si tu veux me servir, je t’arrête avec moi.

MASCARILLE.

Oui, monsieur, d’autant mieux que le destin propiceM’offre à me bien venger, en vous rendant service;Et que, dans mes efforts pour vos contentements,

Je puis à mon brutal trouver des châtiments :

De Célie, en un mot, par mon adresse extrême...

LÉANDRE.

Mon amour s’est rendu cet office lui-même. -Enllammé d’un objet qui n’a point de défaut,

Je viens de l’acheter moins encor qu’il ne vaut,

MASCARILLE.

Quoi ! Célie est à vous ?

LÉANDRE.

Tu la verrais paraître,

Si de mes actions j’étais tout à fait maître :

Mais quoi ! mon père l’est : comme il a volonté,

Ainsi que je l’apprends d’un paquet apporté,

De me déterminer à l’hymen d’Hippolyte,

J’empêche qu’un rapport de tout ceci l’irrite.

Donc avec Trufaldin (car je sors de chez lui)

J’ai voulu tout exprès agir au nom d’autrui ;

Et l’achat fait, ma bague est la marque choisieSur laquelle au premier il doit livrer Célie.

Je songe auparavant à chercher les moyensD’ôter aux yeux de tous ce qui charme les miens;

A trouver promptement un endroit favorableOù puisse être en secret cette captive aimable.

MASCARILLE.

Hors de la ville un peu, je puis avec raisonD’un vieux parent que j’ai vous offrir la maison ;

Là vous pourrez la mettre avec toute assurance,

Et de cette action nul n’aura connaissance.

LÉANDRE.

Oui, ma foi,tu me fais un plaisir souhaité.

Tiens donc, et va pour moi prendre cette beauté.Dès que par Trufaldin ma bague sera vue,

Aussitôt en tes mains elle sera rendue,