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Oeuvres De Molière : Avec Des Notes De Tous Les Commentateurs
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L’ÉTOURDt,

Et plein d’impatience, apprenant votre sort,

Que pour certain argent qui leur importait fort,

Et qui de tous vos gens détourna le naufrage,

Vous aviez en ces lieux été mise en otage,

J’accours vite y briser ces chaînes d’intérêt,

Et recevoir de vous les ordres qu’il vous plaît :Cependant on vous voit une morne tristesse,

Alors que dans vos yeux doit briller l’allégresse.

Si pour vous la retraite avait quelques appas,

Venise, du butin fait parmi les combats,

Me garde pour tous deux de quoi pouvoir y vivre ;

Que si, comme devant, il vous faut encor suivre,

J’y consens, et mon cœur n’ambitionnera

Que d’être auprès de vous tout ce qu’il vous plaira

CÉL1E.

Votre zèle pour moi visiblement éclate :

Pour en paraître triste, il faudrait être ingrate,

Et mon visage aussi, par son émotion,

N’explique point mon cœur en cette occasion.

Une douleur de tête y peint sa violence ;

Et si j’avais sur vous quelque peu de puissance,

Notre voyage, au moins pour trois ou quatre jours,Attendrait que ce mal eût pris un autre cours.

ANDRÈS.

Autant que vous voudrez, faites qu’il se diffère.Toutes mes volontés ne butent qu’à vous plaireCherchons une maison à vous mettre en repos.L’écriteau que voici s’offre tout à propos.

SCÈNE IV.

CÉLIE, ANDRÈS, MASCARILLE déguisé en Suisse.ANDRÈS.

Seigneur Suisse, êtes-vous de ce logis le maître ?

MASCARILLE.

Moi pour serfir à fous.

ANDRÈS.

Pourrons-nous y bien être ?

MASCARILLE.

Oui; moi pour d’étrancher chafons champre carni.

Ma che non point locher te chans de méchant vi.

ANDRÈS.

Je crois votre maison franche de tout ombrage.