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LE DÉPIT AMOUREUX ,
ÉRASTE.
Eli bien ! n’en parlons plus. Que venais-tu m’apprendre?
MARINETTE.
Vous mériteriez bien que l’on vous fit attendre ;
Qu’afin de vous punir, je vous tinsse cachéLe grand secret pourquoi je vous ai tant cherché.
Tenez, voyez ce mot, et sortez hors de doute :
Lisez-le dore tout haut, personne ici n’écoute.
f.raste lit.
« Vous m’avez dit que votre amour« Était capable de tout faire ;
« Il se couronnera lui-même dans ce jour,
«« S’il peut avoir l’aveu d’un père.
« Faites parler les droits qu’on a dessus mon cœur,
« Je vous en donne la licence ;
« Et, si c’est en votre faveur,
« Je vous réponds de mon obéissance. »
Ah ! quel bonheur ! O toi, qui me l’as apporté,
Je te dois regarder comme une déité !
GROS-RENÉ.
Je vous le disais bien : contre votre croyance,
Je ne me trompe guère aux choses que je pense.
ÉRASTE relit.
« Faites parler les droits qu’on a dessus mon cœur,
« Je vous en donne la licence ;
« Et, si c’est en votre faveur,
« Je vous réponds de mon obéissance. »
MARINETTE.
Si je lui rapportais vos faiblesses d’esprit,
Elle désavouerait bientôt un tel écrit.
ÉRASTE.
Ah! cache-lui, de grâce, une peur passagère,
Où mon âme a cru voir quelque peu de lumière ;
Ou, si tu la lui dis, ajoute que ma mortEst prête d’expier l’erreur de ce transport ;
Que je vais à ses pieds, si j’ai pu lui déplaire,
Sacrifier ma vie à sa juste colère.
MARINETTE.
Ne parlons point de mort, ce n’en est pas le temps.
ÉRASTE.
Au reste, je te dois beaucoup, et je prétendsReconnaître dans peu , de la bonne manière,
Les soins d’une si noble et si belle courrière.