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LE DÉPIT AMOUREUX,
ÉRASTE.
Ne vous abusez point, croyez-moi.
VALÈRE.
Croyez-moi,
Ne laissez point duper vos yeux à trop de foi.
ÉRASTE.
Si j’osais vous montrer une preuve assuréeQue son cœur... Non, votre âme en serait altérée.
VALÈRE.
Si je vous osais, moi, découvrir en secret...
Mais je vous fâcherais, et veux être discret.
ÉRASTE.
Vraiment, vous me poussez, et, contre mon envie,Votre présomption veut cpie je l’humilie.
Lisez.
VALÈRE , après avoir lu.
Ces mots sont doux.
ÉRASTE.
Vous connaissez la main ?
VALÈRE.
Oui, de Lucile.
ÉRASTE.
Eh bien! cet espoir si certain...VALÈRE , riant et s’en allant.
Adieu, seigneur Éraste.
GROS-RENÉ.
. Il est fou, le bon sire.
Où vient-il donc pour lui de voir le mot pour rire ?
ÉRASTE.
Certes, il me surprend ; et j’ignore, entre nous,Quel diable de mystère est caché là-dessous.
GROS-RENÉ.
Son valet vient, je pense.
ÉRASTE.
Oui, je le vois paraîtreFeignons, pour le jeter sur l’amour de son maître.
SCÈNE IV.
ÉRASTE, MASCARILLE, GROS-RENÉ.
MASCAR1LLE à part.
Non, je ne trouve point d’état plus malheureuxQue d’avoir un patron jeune et fort amoureux.