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ACTE I, SCÈNE 111.
ÉRASTE.
En quel état l’amour ?
VALÈRE.
En quel état vos feux ?
ÉRASTE.
Plus forts de jour en jour.
VALÈRE.
Et mon amour plus fort.
ÉRASTE.
Pour Lucile ?
VALÈRE.
Pour elle.
ÉRASTE.
Certes, je l’avouerai, vous êtes le modèleD’une rare constance.
VALÈRE.
Et votre fermetéDoit être un rare exemple à la postérité.
ÉRASTE.
Pour moi, je suis peu fait à cet amour austère,
Qui dans les seuls regards trouve à se satisfaire ;
Et je ne forme point d’assez beaux sentimentsPour souffrir constamment les mauvais traitements ;Enfin, quand j’aime bien, j’aime fort que l’on m’aime
VALÈRE.
Il est très-naturel, et j’en suis bien de même.
Le plus parfait objet dont je serais charméN’aurait pas mes tributs, n’en étant point aimé.
ÉRASTE.
Lucile cependant...
VALÈRE. ■
Lucile, dans son âme,
Rend tout ce que je veux qu’elle rende à ma flamme.
ÉRASTE.
Vous êtes donc facile à contenter?
VALÈRE.
Pas tant
Que vous pourriez penser.
ÉRASTE.
Je puis croire pourtant,Sans trop de vanité, que je suis en sa grâce.
VALÈRE.
Moi, je sais que j’y tiens une assez bonne place.
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