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LE DÉPIT AMOUREUX
ÉRASTE.
Ce mariage est vrai ?
MASCARILLE.
Ma langue, en cet endroit,
A fait un pas de clerc, dont elle s’aperçoit ;
Mais enfin cette affaire est comme vous la dites,
Et c’est après cinq, jours de nocturnes visites,
Tandis que vous serviez à mieux couvrir leur jeu,Que depuis avant-hier ils sont joints de ce nœud ;
Et Lucile depuis fait encor moins paraîtreLa violente amour qu’elle porte à mon maître,
Et veut absolument que tout ce qu’il verra,
Et qu’en votre faveur son cœur témoignera,
Il l’impute à l’effet d’une haute prudenceQui veut de leurs secrets ôter la connaissance.
Si, malgré mes serments, vous doutez de ma foi,Gros-René peut venir une nuit avec moi,
Et je lui ferai voir, étant en sentinelle,
Que nous avons dans l’ombre un libre accès chez elle.
ÉRASTE.
Ote-toi de mes yeux, maraud 1
MASCARILLE.
Et de grand cœur.
C’est ce que je demande.
SCÈNE y.
ÉRASTE, GROS-RENÉ.
ÉRASTE.
Eli bien !
GROS-RENÉ.
Eh bien! monsieur?
Nous en tenons tous deux, si l’autre est véritable.
ÉRASTE.
Las! il ne l’est que trop, le bourreau détestable !
Je vois trop d’apparence à tout ce qu’il a dit;
Et ce qu’a fait Valère, en voyant cet écrit,
Marque bien leur concert, et que c’est une baie (1)Qui sert, sans doute, aux feux dont l’ingrate le paie
(i) Baie, de l’italien dar la baia, tromper, se moquer.