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Oeuvres De Molière : Avec Des Notes De Tous Les Commentateurs
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110 , LE DÉPIT AMOUREUX,

ALBERT.

Fort bien.MÉTAPHRASTE.

Parlez ; courage! au moins je vous donne audience.Vous ne vous plaindrez pas de mon peu de silence :

Je ne desserre pas la bouche seulement.

ALBERT à part.

Le traître!

MÉTAPHRASTE.

Mais, de grâce, achevez vitement.

Depuis longtemps j’écoute ; il est bien raisonnableQue je parle à mon tour.

ALBERT.

Donc, bourreau dét estable...

MÉTAPHRASTE.

Eli ! bon Dieu ! voulez-vous que j’écoute à jamais?Partageons le parler, au moins, ou je m’en vais.

ALBERT.

Ma patience est bien...

MÉTAPHRASTE.

Quoi ! voulez-vous poursuivre ?Ce n’est pas encor fait? Per Jovem!\e suis ivre!

ALBERT.

Je n’ai pas dit...

MÉTAPHRASTE.

Encor ? Bon Dieu ! que de discours !Rien n’est-il suffisant d’en arrêter le cours?

ALBERT.

J’enrage.

MÉTAPHRASTE.

Derechef? O l’étrange torture !

Eh ! laissez-moi parler un peu, je vous conjure.

Un sot qui ne dit mot ne se distingue pasD*un savant qui se tait. ^

ALBERT.

Parbleu ! tu te tairas.

»

SCÈNE VIII.

MÉTAPHRASTE seul.

D’où vient fort à propos cette sentence expresseD’un philosophe : Parle, afin qu’on te-eonnaisse.Doncque, si de parler le pouvoir m’est ôté,