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LE DÉPIT AMOUREUX,
ALBERT.
Conservons mon honneur
POLIDORE.
Eli ! oui, je m’y dispose.
ALBERT.
Quant au bien qu’il faudra, vous-même en résoudrez.
POLIDORE.
Je ne veux de vos biens que ce que vous voudrez :
De tous ces intérêts je vous ferai le maître,
Et je suis trop content si vous le pouvez être.
ALBERT.
Ab ! quel homme de Dieu ! quel excès de douceur!
POLIDORE.
Quelle douceur, vous-même, après un tel malheur !
ALBERT.
Que puissiez-vous avoir toutes choses prospères!
POLIDORE.
Le bon Dieu vous maintienne !
ALBERT.
Embrassons-nous en frères.
POLIDORE.
J’y consens de grand cœur, et me réjouis fortQue tout soit terminé par un heureux accord.
ALBERT.
J’en rends grâces au ciel.
POLIDORE.
U ne vous faut rien feindre,Votre ressentiment me donnait lieu de craindre ;
Et Lucile tombée en faute avec mon fils,
Comme on vous voit puissant et de biens et d’amis...
ALBERT.
Eh ! que parlez-vous là de faute et de Lucile ?
POLIDORE.
Soit, ne commençons point un discours inutile.
Je veux bien que mon fils y trempe grandement :
Même, si cela fait à votre allégement,
J’avouerai qu’à lui seul en est toute la faute ;
Que votre fille avait une vertu trop hautePour avoir jamais fait ce pas contre l’honneur,
Sans l’incitation d’un méchant suborneur;
Que le traître a séduit sa pudeur innocente,
Et de votre conduite ainsi détruit l’attente.
Puisque la chose est faite, et que, selon mes vœux,
Un esprit de douceur nous met d’accord tous deux,