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LE DÉPIT AMOUREUX ,
Las ! il vit comme un saint, et dedans la maisonDu matin jusqu’au soir il est en oraison!
Dire qu’il pervertit l’ordre de la nature,
Et fait du jour la nuit, ô la grande impostureQu’il n’a considéré père ni parentéEn vingt occasions ; horrible fausseté !
Que de fraîche mémoire un furtif hyménéeA la fille d’Albert a joint sa destinée,
Sans craindre de la suite un désordre puissant;
On le prend pour un autre, et le pauvre innocentNe sait pas seulement ce que je lui veux dire !
Ah ! chien, que j’ai reçu du ciel pour mon martyreTe croiras-tu toujours? et ne pourrai-je pasTe voir être une fois sage avant mon trépas ?
VALÈRE seul et rêvant.
D’où peut venir ce coup ? Mon âme embarrasséeNe voit que Mascarille où jeter sa pensée.
Il ne sera pas homme à m’en faire un aveu.
U faut user d’adresse, et me contraindre un peuDans ce juste courroux.
SCENE VII.
VALÈRE, MASCARILLE,
VALÈRE.
Mascarille, mon père
Que je viens de trouver, sait toute notre affaire.
MASCARILLE.
U la sait ?
VALÈRE.
Oui.
MASCARILLE.
D’où^diantre a-t-il pu la savoir?
VALÈRE.
Je ne sais point sur qui ma conjecture asseoir ;Mais enfin d’un succès cette affaire est suivie,Dont j’ai tous les sujets d’avoir l’âme ravie.
Il ne m’en a pas dit un mot qui fût fâcheux ;
Il excuse ma faute, il approuve mes feux,
Et je voudrais savoir qui peut être capableD’avoir pu rendre ainsi son esprit si traitable.
Je ne puis t’exprimer l’aise que j’en reçoi.