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Oeuvres De Molière : Avec Des Notes De Tous Les Commentateurs
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ACTE IV, SCÈNE II.

Qu’est capable d’éteindre une si faible offense ;

Et ce dépit si prompt à s’armer de rigueurDécouvre assez pour moi tout le fond de son cœur,

Et de quel prix doit être à présent à mon âmeTout ce dont son caprice a pu flatter ma flamme.

Non, je ne prétends plus demeurer engagéPour un cœur où je vois le peu de part que j’ai ;

Et, puisque l’on témoigne une froideur extrêmeA conserver les gens, je veux faire de même.

GROS-RENÉ.

Et moi de même aussi. Soyons tous deux fâchés,

Et mettons notre amour au rang des vieux péchés.

Il faut apprendre à vivre à ce sexe volage,

Et lui faire sentir que l’on a.du courage.

Qui souffre ses mépris les veut bien recevoir.

Si nous avions l’esprit de nous faire valoir,

Les femmes n’auraient pas la parole si haute.

Oh ! qu’elles nous sont bien fières par notre faute !

Je veux être pendu, si nous ne les verrionsSauter à notre cou plus que nous ne voudrions,

Sans tous ces vils devoirs dont la plupart des hommesLes gâtent tous les jours dans le siècle où nous sommes.

ÉRASTE.

Pour moi, sur toute chose, un mépris me surprend ;

Et, pour punir le sien par un autre aussi grand,

Je veux mettre en mon cœur une nouvelle flamme.

GROS-RENÉ.

Et moi, je ne veux plus m’embarrasser de femme ;

A toutes je renonce, et crois, en bonne foi,

Que vous feriez fort bien de faire comme moi.

Car, voyez-vous, la femme est, comme on dit, mon maître,Un certain animal difficile à connaître,

Et de qui la nature est fort encline au mal :

Et comme un animal est toujours animal,

Et ne sera jamais qu’animal, quand sa vieDurerait cent mille ans ; aussi, sans repartie,

La femme est toujours femme, et jamais ne seraQue femme, tant qu’entier le monde durera :

D’où vient qu’un certain Grec dit que sa tête passePour un sable mouvant. Car, goûtez bien, de grâce,

Ce raisonnement-ci, lequel est des plus forts :

Ainsi que la tête est comme le chef du corps,

Et que le corps sans chef est pire qu’une bête;

Si le chef n’est pas bien d’accord avec la tête,