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Études ou discours historique sur la chute de l'empire romain : la naissance et les progrès du Christianisme, et l'invasion des barbares / par M. le Vicomte de Chateaubriand
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1 KEFACE.

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létude des lois barbares ; on doit considérer comme chapitres d'unmême code national, les lois lombardes, allemandes, bavaroises,russes (celles-ci ne sont que le droit suédois), anglo-saxonnes etgalliques : avec les dernières on peut reconstruire plusieurs partiesdu primitif édifice gaulois. Toutes ces lois ont été imprimées ou sé-parément ou dans les différents recueils des historiens de la France,de lItalie, de lAllemagne et de lAngleterre. Le père Canciani re-cueillit à Venise, en 1781, Barbarum leges antiques, en cinq volu-mes in-fol. ; excellente collection qui devrait être dans nos bibliothè-ques : on y trouve la traduction italienne des Assises du royaume deJérusalem et divers morceaux inédits. On assure que nous auronsbientôt les Assises entières publiées sur le manuscrit retrouvé, avecles traductions grecque-barbare, et italienne , do 1490. LAcadémiedes inscriptions sen occupe.

La collation des deux textes de la loi salique, dont il existe dix-huit ou vingt manuscrits connus, collation faite par M. Wiarda , estestimable ; il sera bon dy avoir égard. Mais Bignon reste toujoursdocteur en cette matière, comme Baluz^ est à jamais lhomme des Ca-pitulaires et des Formules.

Après les poésies et les lois, on ne consultera pas sans fruit, pourles six premiers siècles des temps barbares, les historiens de la Rus-sie , de la Pologne, de la Suède et de lAllemagne, quoique en géné-ral ils aient écrit après les nôtres.

Le plus ancien annaliste russe est un moine de Kioff, Nestor. La mo-narchie russe fut fondée vers le milieu du neuvième siècle : Kioff,depuis lan 882 , en devint la première capitale. A la fin du dixièmesiècle, Kioff et toute la vieille Russie embrassèrent le christianisme.Nestor rédigea en slavon son ouvrage vers lan 1073. Cet ouvrage aété traduit en allemand par Scherer, et commenté par Schloezer : ilnen existe aucune traduction française ou latine. Quelques notes ti-rées de Nestor se trouvent seulement dans la traduction française deiiiistoire de Karemsine. Nestor a imité Constantin, Cedren, Zonareet autres écrivains de la Byzantine ; il a transporté dans son texte plu-sieurs passages de ces écrivains; il nous a conservé in extenso deuxdocuments précieux de lhistoire de la Russie ; les traites de paixdOIez et dIgor avec la cour de Constantinople. Les Grecs eux-mô-mes ne connaissaient pas lexistence de ces deux pièces, car ellessont de lépoque la plus stérile de leurs annales, de lan 813 à lan 959.

La chronique de Nestor finit à lannée 1096. Nestor reste, daprès