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PBÉFACE.
à des régions inconnues, on revient avec son journal écrit sur leslieux , et un portefeuille rempli de dessins d’après nature.
Dans une note substantielle, M. Ghampoilion-Figeao a donné desrenseignements que je me fais un devoir de reproduire.
« On se proposa, il y a déjà longtemps, de réunir en une seule« collection générale tous les documents authentiques relatifs à l’his-« toire de France. Colbert et d’Aguesseau jetèrent les premiers fon-« dements de cette collection. L’établissement, en 1759, du Dépôt« de législation, assemblage méthodique de toutes les lois du« royaume, qui fut porté à plus de trois cent mille pièces, et qui doit« exister encore, soit à la Chancellerie, soit aux Archives royales,« amenait, comme une de ses dépendances naturelles, la réunion de« tous les monuments historiques qu’il était possible de découvrir;« et Louis XV ordonna cette réunion en 1702 , sous le ministère de« M. Berlin. Des arrêts duconse.il, 8 octobre 1703 et 18 janvier 1764,« réglèrent l’ordre du travail, celui des dépenses ; appelèrent le zèle« et le concours de tous les savants vers ce grand but d’utilité publi-« que ; établirent, en 1779, des conférences très-propres à régulari-« ser tant d’honorables efforts, les excitèrent de plus en plus par de« nouvelles dispositions ajoutées aux précédentes en 1781, sous le« ministère de M. de Maurepas, et augmentèrent en 1783 , par l'in-« fluence de M. d’Ormesson, les fonds destinés aux dépenses du ca-» binet. M. de Calonne proposa, en 1785 , de nouveaux moyens d’é-« ululation qui furent généralement utiles ; et le clergé s’y associa en« 1786, en ajoutant aux fonds accordés par le roi un supplément• pris sur les dépenses qu’il affectait à l’histoire de l’Église. Les états« des provinces imitèrent ce généreux exemple; les ordres de M. de« Calonne procurèrent, en 1787, le concours de tous les intendants ;« et l’organisation du travail, sagement centralisée dans les mains« de l’historiographe de France, Moreau, sous l’autorité du minis-« tère, rendit tous ces efforts propices et fructueux. Les hommes« instruits de tous les pays recherchaient l’honneur d’y concourir ;« le roi honorait leur empressement, et récompensait leurs plus no-« tables services par des grâces de tout genre. La congrégation de« Saint-Maur et celle de Saint-Vannes avaient échelonné leurs plus■« habiles ouvriers sur tous les points de la France où quelque re-« cherche était à faire. Les documents arrivaient en abondance; tout« semblait assurer la prochaine publication du Rymer-français,<> mieux conçu, plus utile que celui d’Angleterre ; un arrêt du con-