PREFACE.
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« seil, du 10 octobre 1788, assurait de plus en plus ce précieux ré-« sultat à l’histoire de France, et l’impression du premier volume,« contenant les instruments de la première race, avançait rapide-« ment, quand la révolution survint. Un décret du 14 août 1790 or-« donna le transport de tous les documents historiques à la Biblio-« thèque royale; bientôt on querella, et on supprima ensuite les« fonds spéciaux qui leur étaient affectés ; et il fallut oublier, durant« trente-six ans, ces vénérables archives de la monarchie française.
« Les travaux des Baluze, du Gange, Dupuy, d’Achery, Martène« et Mabillon, avaient assez prouvé qu’il existait, hors du Trésor« des Chartres de la couronne, une foule de documents d’un grand>< intérêt, quelquefois d’une grande importance, pour l’histoire et le« droit public du royaume. On comprit dès lors l’insuffisance rela-« tive des deux grands ouvrages entrepris par ordre du roi, le re-« cueil des ordonnances et celui des historiens de France. Ce der-« nier, d’après son plan sagement conçu, était purement historique,« n’admettait pas les actes d’adminislrution générale émanés de l’au-« torité royale, et le premier n’embrassait que les ordonnances des« rois de la troisième race. Il y avait donc, malgré les Capitulaires« de Baluze, des lacunes immenses pour les temps écoulés depuis« l’origine de la monarchie jusqu’à i’avénement des Capétiens. Elles« ne pouvaient être comblées que par cette foule de chartes et d’ac-« tes de toute espèce déposés, ou plus généralement oubliés, dansn les nombreux ehartriers des villes, des églises, des monastères,u des compagnies judiciaires et des grandes maisons. Il s’agissait de« reconstruire par leur témoignage les annales véridiques et complè-« tes de la France, et, par leur réunion en un dépôt commun, de« créer un centre perpétuel pour toutes les recherches ordonnées« par le gouvernement ou entreprises par des particuliers.
« Ce plan n’effraya point, par son étendue, ceux qui l’avaient« conçu, ni l’autorité qui devait en assurer l’accomplissement. Mais« le travail sur les chartes et les diplômes de l’histoire de France« comprenait deux parties distinctes, quoique étroitement liées en-« tre elles : i° la. tablç.générale des chartes imprimées; M. de Bré-« quigny fut chargé de la rédiger, et il en publia trois volumes in-« folio, commençant par une lettre du pape Pie I er à l’évêque de« Vienne, qu’on croit de l’année 142 ou bien 166, et finissantavec le« règne de Louis VII en ! 179 : l’impression du quatrième volume fut« interrompue, à la page 568, arrivant à l’année 1213; quelques re-
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