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PRÉFACE.
« cueils des bonnes feuilles ont été conservés. 2 ° La réunion la plus« nombreuse possible, soit de chartes originales, publiées ou iné-« dites, soit de copies fidèles de toutes les chartes et autres instru-it menls historiques et non publiés ; on y joignit les inventaires d’un« grand nombre de chartriers ou d’archives, plusieurs cartulaires, et« le dépouillement de ceux de la bibliothèque du Eoi, des terriers,« des collections de pièces formées par des particuliers, des porte-« feuilles laissés par des savants dont les travaux étaient analogues« à la nature du dépôt, enfin quelques ouvrages manuscrits intéres-« sant l’histoire de France, et qu’on ne négligea jamais de sauver de« la dispersion : tel est le magnifique manuscrit sur vélin, contenant« le procès de Jeanne d’Arc, et connu sous le nom de manuscrit de« d’Urfé.
« Le but final de l’entreprise était arrêté, dès son origine même,« dans la pensée de ceux qui la dirigeaient ; mais pour atteindre ce« but, outre tout leur zèle et toutes leurs lumières, il leur fallait le« secours du temps, et ce secours leur manqua. On avait fait pres-« sentir que la collection générale de ces diplômes pourrait un jour« être publiée en entier ; le roi en avait donné l’espérance au monde« savant en 1782 ; et quelques années après, le premier volume de« la Collection des Chartres et tes deux volumes des Lettres du pape« Innocent III ( le plus habile jurisconsulte de son siècle, et qui n’eut« pas moins d'influence sur les affaires de la France que sur celles« des autres États de la chrétienté ) étaient déjà sous presse, le pre-« mier par les soins de M. de Brcquigny, et les deux autres par« ceux de M. du Theil, qui en avait recueilli à Rome tous les maté-« riaux. Le dépôt lui-même prenait une consistance qui accroissait« son utilité; il devenait le centre de ces grands travaux historiques« qui seront un éternel honneur pour les lettres françaises, et do« précieux modèles pour tous les peuples jaloux de leur propre re-« nommée. On y venait puiser à la fois pour le Recueil des Ordon-« nances, le Recueil des Historiens de France, l’Art de vérifier les« dates, et la nouvelle Collection des Conciles ; époque à jamais« mémorable de notre histoire littéraire, où, sous la même prolec-« tion, et par le seul effet de la munificence royale , les presses fran-« çaiscs produisaient à la fois ces quatre grandes collections, dont ie« mérite égalait l’étendue , et en même temps la Go Ilia christiana,« la Collection des Chartres, les Lettres historiques des papes, la« Table chronologique des chartes imprimées, l’histoire littéraire