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Études ou discours historique sur la chute de l'empire romain : la naissance et les progrès du Christianisme, et l'invasion des barbares / par M. le Vicomte de Chateaubriand
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PEÉFACS.

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« de la France et les histoires particulières des provinces par les-« nédictins, le Glossaire français de Sainte-Palayo et Mouchet, le« Froissard complet de M. Dacier, les Notices et Extraits des Manus-« crits, et les Mémoires de lAcadémie des belles-lettres, qui ont« fondé et propagé dans le monde savant les plus solides principes« de lérudition classique. Ces prospérités littéraires étaient dans« tout leur éclat en 1789, et en 1791 il ne restait que le douloureux« souvenir de tant de glorieuses entreprises. »

M. Champollion parle de linterruption de ces travaux, mais il nedit pas quelle en fut la cause immédiate ; je le vais dire.

Le 19 juin 1792, Condorcet monta à la tribune de lassemblée na-tionale , et prononça ce discours :

b Cest aujourdhui lanniversaire de ce jour mémorable las-b semblée constituante, en détruisant la noblesse, a mis la dernière« main à lédifice de légalité politique. Attentifs à imiter un si bel« exemple, vous lavez poursuivie jusque dans les dépôts qui ser-b vent de refuge à son incorrigible vanité. Cest aujourdhui que, dans« la capitale, la Raison brûle au pied de la statue de Louis XIV cesb immenses volumes qui attestaient la vanité de cette caste. Dautres« vestiges en subsistent encore dans les bibliothèques publiques,b dans les chambres des comptes, dans les chapitres à preuve, etb dans les maisons des généalogistes. Il faut envelopper ces dépôts« dans une destruction commune. Vous ne ferez point garder auxb dépens de la nation ce ridicule espoir qui semble menacer légalité.

« Il sagit de combattre la plus ridicule mais la plus incurable deb toutes les passions. En ce moment même elle médite encore le« projet de deux chambres, ou dune distinction de grands proprié-« taires, si favorable à ces hommes, qui ne cachent plus combien lé-« galité pèse à leur nullité personnelle.

b Je propose, en conséquence, de décréter que tous les départe-b ments sont autorisés à brûler les titres qui se trouvent dans les« divers dépôts. »

Lassemblée, après avoir décrété lurgence, adopte à lunanimiléle projet de Condorcet, qui venait de dire, dans les dernièresphrases de son discours, tout ce quon répète aujourdhui : nous ensommes à la parodie.

Le 22 février 1793, il fut ordonné de brûler sur la: place des Pi-ques trois cent quarante-sept volumes et trente-neuf bottes.

Condorcet, malgré tous ses soins , ne se tint pas si fort assuré de