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PRÉFACE.
se compose de cinquante-six volumes in-folio, dont deux seuls sontimprimés ; on n’a sauvé de l’édition que trois exemplaires ; le resteest en manuscrit. Chaque volume contient de quatre à cinq centscolonnes, et depuis quatre cents jusqu’à huit cents articles ; c’est unrépertoire composé sur le plan du Glossaire latin de du Gange, etdu Glossaire du Droit françois de de Laurières ; il traduit souventles articles du premier, en y ajoutant. Le moyen âge tout entier estpar ordre alphabétique dans cet immense recueil.
Ces rois de France qui nous maintenaient dans une ignorancecrasse, afin de nous mieux opprimer ; ces rois qui auraient dû naitietous à la fois de nos jours, pour apprendre à mépriser eux et leurssiècles, avaient cependant la manie de favoriser les lettres. L’idéede ces grandes collections de diplômes leur était venue de bonneheure, on ne sait trop pourquoi. Montagu, secrétaire et trésorierdes Chartres sous Charles V, avait commencé ou plutôt continué lecatalogue général des documents historiques : il nous apprend queses prédécesseurs avaient été obligés d’abandonner leurs investiga-tions, faute d’argent pour les suivre. Henri II ordonna d’ouvrir leTrésor des Chartres à Jean du Tillet. Ce greffier du parlement,l’homme le plus versé dans nos antiquités qui ait jamais paru, avaitconçu dans presque toutes ses parties le vaste plan accompli sous lesrois Louis XIV, Louis XV et Louis XVI, avec l'appui du gouverne-ment, l'encouragement du clergé, et les veilles des grands corpslettrés de la France.
« Ayant à très-grand labeur et dépense, dit du Tillet au roi, com-« pulsé l’infinité des registres de votre parlement, recherché les« librairies et titres de plusieurs églises, j’entreprins dresser, par« forme d’histoires et ordre des règnes, toutes les querelles de cette« troisième lignée régnante avec ses voisins, les domaines de la« couronne par provinces, les lois et ordonnances depuis la saiique,« par volumes et règnes et par recueils séparés, ce qui concerne les« personnes et maisons royales, et la forme ancienne du gouverne-« ment des trois états,.et ordre de justice dudit royaume, avec les« changements y survenus.»
Du Tillet met à la suite de ses recueils des inventaires des Chartres,comme preuves et éclaircissements. Dn exemple montrera son exac-titude : « Promesse de Eleonor, royne d’Angleterre, de faire hom-« mage au roy Philippe des duchés de Guyenne et comté de Poitou,« en juillet 1134. Au Trésor, layette anglia C, et sac non coté. »