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Études ou discours historique sur la chute de l'empire romain : la naissance et les progrès du Christianisme, et l'invasion des barbares / par M. le Vicomte de Chateaubriand
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PREFACE.

dune idée. M. de Savigny, qui suit lhistoire du droit romain depuisson âge poétique jusquà lâge philosophique nous sommes parve-nus , ne cherche point le principe abstrait qui semble avoir donné àce droit une sorte déternité.

Lécole philosophique-historique de nos voisins procède, commeon le voit, par synthèse. et lécole purement historique par ianatyse.Ce sont les deux méthodes naturellement applicables à lidée et à laforme. Lécole philosophique soutient que lesprit humain crée lesfaits; lécole historique dit que le fait met en mouvement lesprithumain : cette dernière école reconnaît encore un enchaînement pro-videntiel dans lordre des événements. Ces deux écoles prennent enAllemagne Je nom de système rationnel et de système supernaturel.

De concert avec les deux écoles historiques, marchent deux écolesthéologiques qui sunissent aux deux premières selon leurs diversesaffinités. Ces écoles théologiques sont chrétiennes; mais lune faitsortir le christianisme de la raison pure, lautre de la révélation.Dans ce pays, les hautes études sont poussées si loin, il ne vientà la pensée de personne que labsence de lidée chrétienne dans lasociété soit une preuve des progrès de la civilisation.

Les Idées sur la philosophie de l'histoire de lhumanité, par Ifer-der, sont trop célèbres pour ne les pas rappeler ici. Un passage delintroduction de M. Quinet suffira pour les faire connaître :

<< Lhistoire, dans son commencement comme dans sa fin, est le« spectacle de la liberté, la protestation du genre humain contre le« monde qui lenchaîne, le triomphe de linfini sur le fini, Faffranchis-« sement de lesprit, le règne de lâme : le jour la liberté man-« querait au monde serait celui lhistoire sarrêterait. Poussé par« une main invisible, non-seulement le genre humain a brisé le sceau« de lunivers et tenté une carrière inconnue jusque-, mais il triom-« phe de lui-même, se dérobe à ses propres voies ; et, changeant in-« cessamment de formes et didoles, chaque effort atteste que luni-« vers lembarrasse et le gêne. Eu vain lOrient, qui sendort sur la« foi de ses symboles, croit-il lavoir enchaîné de tant de mystérieu-» ses entraves ; sur le rivage opposé sélève un peuple enfant qui se« fera un jouet de ses énigmes et létouffera à son réveil. En vain la« personnalité romaine at-elle lout absorbé, pour tout dévorer; au

* milieu de ce silence de lempire, est-ce une illusion décevante, un« leurre poétique, que ce bruit sorti des forêts du Nord, et qui nest

* ni le frémissement des feuilles, ni le cri de laigle, ni le mugisse-