PREFACE.
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« criflee de ses penchants, de ses affections, de sa fortune, de sa« vie, aux intérêts de la Pologne. Lui seul semblait, champion in-n fatigable, occupé à la défendre ; ses efforts pour lui conserver desn lois et des frontières tiennent du prodige. Cette passion domina le« cours entier de son existence. Il réussit à dompter les ennemis qui« tenaient la république des Jagellons pressée et envahie de toutesn parts, plus facilement qu’à vaincre ceux qu’elle portait dans son« sein. Ensuite il expira; et, ce puissant soutien abattu, la Polo-« gne mit en quelque sorte aussi le pied dans la tombe. Elle ne de-« vait plus, sous les successeurs de Jeau III, qu’achever de mou-« rir. «
Ce noble style se soutient pendant tout l’ouvrage ; l’auteur a soinde remarquer l’influence que la France du dix-septième siècle exer-çait sur les destinées de l’Europe : comme si tous les grands hommesdevaient alors venir de la cour du grand roi, Sobieski avait étémousquetaire de la maison militaire de Louis XIV. L 'Histoire de l’A-narchie de Pologne , par Rulhières, fait pour ainsi dire suite à l’his-toire de M. Saivandy : il ne faut ajouter à ces deux monuments, nil’appendice deM. Ferrand, ni celui que M. Daunou a substitué autravail de M. Ferrand ; mais il faut y joindre de curieuses et piquan-tes brochures de M. de Pradù
L’Histoire des Français des divers états, par M. Monteil, supposede grandes recherches. M. Monteil est, avec M. CapeQgue ,.du petitnombre de ces jeunes savants qui n’écrivent aujourd’hui qu’aprèsavoir lu; ils eussent été de dignes disciples de l’école bénédictine.Mais M. Monteil a été égaré par le goût du siècle, et par le funesteexemple qu’a donné l’abbé Barthélemy : la forme romanesque danslaquelle l’auteur de l’Histoire des Français a enveloppé ses étudesleur porte dommage : on doit l’engager, au nom de son propre savoiret de son véritable mérite, à la faire disparaître dans les futureséditions de son ouvrage.
Le succès qu’a olrtenu 1 ’Histoire de la campagne de Russie est unepreuve que l'on n’a pas besoin, pour intéresser le lecteur, de se pla-cer dans un système. Des récits auimés, un coloris brillant, desscènes mises sous les yeux dans tout leur mouvement et dans touteleur vie, voilà ce qui est de toutes les écoles, et ce qui fera vivrel’ouvrage de M. de Ségur.
Les Fies des capitaines français au moyen âge, par M. Mazas, nepeuvent être passées sous silence. L’auteur n’a voulu raconter que
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