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Études ou discours historique sur la chute de l'empire romain : la naissance et les progrès du Christianisme, et l'invasion des barbares / par M. le Vicomte de Chateaubriand
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PBEFACB.

lexacte vérité; il a visité le théâtre brillèrent les guerriers dontil peint les exploits : il a cherché sur les bruyères de ma pauvre pa-trie les traces de du Guesclin. Je me souviens avoir commencé mespremières études dans le collège obscur de lobscure petite villereposait le cœur du bon connétable ; jétudiais un peu de latin, degrec et dhébreu, auprès de ce cœur qui navait jamais parlé que fran-çais : cest une langue que le mien na pas oubliée. M. Mazas croitavoir retrouvé le point du passage dÉdouard III à Blanque-Taquesur la Somme. Jaurais désiré quil eût dit si le gué est encore pra-ticable, ou sil se trouve perdu dans la mer, vis-à-vis le Crotoy,comme on le pense généralement.

Joublie sans doute, et à mou grand déplaisir, beaucoup décri-vains qui mériteraient que je rappelasse leurs ouvrages ; mais lesbornes dune préface ne me permettent pas de métendre. Le publicreproduira les noms qui échappentà ma mémoire, et à la justice queje désirerais leur rendre.

Le temps nous vivons a nécessairement fournir de nom-breux matériaux aux mémoires. 11 ny a personne qui ne soit devenu,au moins pendant vingt-quatre heures, un personnage, et qui ne secroie obligé de rendre compte au monde de linfluence quil a exercéesur lunivers. Tous ceux qui ont sauté de la loge du portier dans lan-tichambre , qui se sont glissés de lantichambre dans le salon, qui ontrampé du salon dans le cabinet du ministre ; tous ceux qui ont écoutéaux portes, ont à dire comment ils ont reçu dans lestomac loutrage quiavait un autre but. Les admirations à lasuite, les mendicités dorées, lesvertueuses trahisons, les égalités portant plaque, ordre ou couleursde laquais, les libertés attachées au cordon de la sonnette, ont à faireresplendir leur loyauté, leur honneur, leur indépendance. Celui-cise croit obligé de raconter comment, tout pénétré des dernières'marques de la confiance de son maître, tout chaud de ses embrasse-ments , il a juré obéissance à un autre maître ; il vous fera entendrequil na trahi que pour trahir mieux ; celui- vous expliquera com-ment il approuvait tout haut ce quil détestait tout bas, ou comment11 poussait aux ruines sous lesquelles il na pas eu le courage de sefàire écraser. A ces mémoires tristement véritables, viennent se join-dre les mémoires plus tristement faux ; fabrique la vie dunhomme est vendue à laune, louvrier, pour prix dun dîner fru-gal . jette de la boue au visage de la renommée quon a livrée à safaim.