PRÉFACE.
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trop bas : Constantin, qui remplaça le grand palriciat par une uo-blesse titrée, et qui changea avec d’autres institutions la nature dela société latine, est le véritable fondateur delà royauté moderne,dans ce qu’elle conserva de romain.
Entre les monarchies barbares et l’empire purement latin-romain,il y a eu un empire romain-barbare, qui a duré près d’un siècle avantla déposition d’Augustule. C’est ce qu’on n’a pas remarqué, et ce quiexplique pourquoi, au moment de la fondation des royaumes bar-bares , rien ne parut changé dans le monde : aux malheurs près,c’étaient tou jours les mêmes hommes et les mêmes mœurs.
Arrivé à travers les faits jusqu’à l’érection du royaume d’Italie parOdoacre et à celle du royaume des Frankspar Khlodovigh, je m’ar-rête, et je présente séparément les trois grands tableaux des mœurs,des lois, de la religion des païens, des chrétiens et des barbares.
Concentration de toutes les philosophies et do toutes les religionsdans l’Asie hébraïque, persane et grecque. Grande école des pro-phètes. Systèmes philosophiques. Hérésies juives et grecques : af-finités des systèmes philosophiques et des hérésies. L’hérésie main-tint l’indépendance de l’esprit humain , et fut favorable à la véritéphilosophique.
Là se terminent les Études historiques, et j’y substitue un nou-veau titre pour continuer ma marche.
On sait que mon premier plan avait été de faire des Discours his-toriques depuis l’établissement du christianisme ( en passant parl’empire romain , les races mérovingienne et carlovingienne , et larace capétienne) jusqu’au règne de Philippe VI, dit de Valois. Ace rè-gne , je me proposais d’écrire l’histoire de France proprement dite ,et de la conduire jusqu’à la révolution. Je ne m’étais engagé à pu-blier, dans la collection de mes Œuvres , que les Discours histori-ques. La vie, qui m’échappe, ne me permettant pas d'accomplir mesprojets , je me suis déterminé à satisfaire ceux de mes lecteurs quitémoignaient le désir de connaître mon système entier sur l’histoirede notre patrie. En conséquence , je trace une Analyse raisonnée decette histoire sous les deux premières races et sous une partie de laIroisième. Quand j’arrive à l’cpoque où devait commencer mou his-toire proprement dite , je donne des fragments des règnes de Phi-lippe de Valois et du roi Jean , notamment les batailles de Créci etde Poitiers, ayant soin de remplir les lacunes par des sommaires.
ÉTUDES lilST. 7