r
T
/
526 ETUDES
mille sous d’or, prix jugé fort inférieur à la valeur du plat Maisla plus grande merveille de ce trésor était une table forméed’une seule émeraude : trois rangs de perles l’entouraient; ellese soutenait sur soixante-cinq pieds d’or massif incrustés depierreries; on l’estimait cinq cent mille pièces d’or; elle passades Visigoths aux Arabes 2 : conquête digne de leur imagination.
L’histoire, en nous faisant la peinture générale des désas-tres de l’espèce humaine à cette époque, a laissé dans l’oubliles calamités particulières, insuffisante qu’elle était à redire tantde malheurs. Nous apprenons seulement par les apôtres chré-tiens quelque chose des larmes qu’ils essuyaient en secret. Lasociété, bouleversée dans ses fondements, ôta même à la chau-mière l’inviolabilité de son indigence ; elle ne fut pas plus à l’a-bri que le palais : à cette époque , chaque tombeau renfermaun misérable.
Le concile de Brague, en Lusitanie, souscrit par dix évê-ques , donne une idée naïve de ce que l’on faisait et de ce quel’on souffrait pendant les invasions. L’évêque Pancratien pritla parole : « Vous voyez, mes frères, dit-il, comme l’Espagne« est ravagée par les barbares. Us ruinent les églises, tuent les« serviteurs de Dieu , profanent la mémoire des saints, leurs
« os, leurs sépulcres, les cimetières.
«.Mettez devant les yeux de notre troupeau
« l’exemple de notre constance , en souffrant pour Jésus-Christ« quelque partie des tourments qu’il a soufferts pour nous 3 . .<.» Alors Pancratien fit la profession de foi
1 In hujus beneficii repensionem Missorium aureum nobilissimum ex the-sanris Gothorum. ..... Dagoherto dare promisit, pensantem auri pondus
quingentos.Quumque a Sisenando rege Hissorius ille legatariis fuis-
set traditus, a Gothis per vim toilitur, nec eum exinde exhibere permiserunî.Postea discurrcntibus legatis duccnta milita solidorum Missorii hujus pretiiDagobertus a Sisenando accipiens, ipsumque pensavit ( Fredeg., Chron,, cap.Lxxm. )
Le troisième fragment de Frédégaire elles Gestes de Dagobert, chap. xxix,redisent cette anecdote.
2 Histoire de VAfrique et de VEspagne sous la domination des Arabes ,par M. Cardonnc.
s Notum vobis est, et fratres socii mei » quomodo barbaræ gentes dévas-tant universam Hispaniam : templa evcrtunt, servos Christi oeeidunt in oregladii, et memorias sanctorum, ossa, sepulchra, cœmeteria profanant. { Lab.CoM-ü.f pag. <508. )