AVERTISSEMENT.
III
11 n’avait qu’une sœur, qui fut mariée au duc deBrissac, et qu’il perdit jeune. Entré d’abord dans lesmousquetaires, puis capitaine de cavalerie , et enfincolonel, il fit avec honneur deux ou trois campagnes.Une promotion de brigadier, dans laquelle il ne futpas compris , malgré ses droits incontestables, lui fitprendre la résolution de quitter le service. Il donnasa démission au roi, qui en fut blessé et ne put dis-simuler son mécontentement. A dater de ce moment,il ne fut presque jamais en bonne posture auprès deLouis XIV. Le roi le comptait, l’estimait, mais nel’aimait pas. On pourrait presque dire qu’il le crai-gnait. Il devinait l’historien et le juge sous le cour-tisan. Il lui avait donné, à la mort de son père,les deux gouvernements de Blaye et de Senlis ; maisce fut tout ce qu’il fit jamais pour lui. Un momentil fut désigné pour l’ambassade de Rome. Ce projetfut ensuite abandonné, et Saint-Simon n’en recueillitque des jalousies et des dégoûts.
Cependant, quoique sans charge à la cour et sansprivance avec le roi, il ne laissait pas d’v figureravec distinction. 11 avait épousé, étant fort jeune,une des filles du maréchal de Lorge, nièce du maré-chal de Duras, et l’une des femmes les plus accom-plies et les plus vertueuses de la cour. 11 avait pouramis, malgré la disproportion des âges, les ducs deMontausier et de Chevreuse, tous deux ministresd’Etat, et le premier, ancien gouverneur du duc de