AVERTISSEMENT.
V
préférer partout, dans l’intérêt de son influence per-sonnelle, la bassesse et l’hypocrisie au mérite. Il sesentait révolté du scandale que le roi avait donné enétalant, jusque sous les yeux de la reine, ses amoursdoublement adultères, et quand il voyait ces enfants,que leur mère même ne pouvait avouer, assimilés entout au sang royal, même pour la succession éven-tuelle à la couronne, il ne pouvait contenir son indi-gnation. Penser ainsi et le laisser voir, c’était se fer-mer le chemin à tout, dans une cour où le roi nefaisait rien sans Mme de Maintenon, et où Mme deMaintenon ne voyait que par les yeux du duc du Maine.
Le roi avait un autre grief contre le duc de Saint-Simon : c’était son attachement aux prérogatives dela pairie. Toutes les fois qu’une décision royale avaitpour effet de diminuer ces prérogatives, on était biensûr , s’il y avait une protestation ou des démarches,d’y trouver mêlé le duc de Saint-Simon. Personne,parmi les ducs, ne connaissait comme lui l’histoiredes parlements, la généalogie des grandes familles,les droits delà pairie, les usages, les règlements;et personne, on le croira sans peine, n’était en étatde les exposer avec la même netteté et la même élo-quence. Les occasions ne manquèrent pas, pour lesducs , de réclamer le maintien de leurs privilèges. Ilétait l’âme de toutes ces intrigues, et le roi, qui entoutes choses abhorrait l’opposition, n’en était queplus irrévocablement éloigné de lui.