n
AVERTISSEMENT.
On peut dire que, pendant toute la fin de ce règne,Saint-Simon n’eut pas de plus grandes affaires quede débattre les intérêts de la pairie contre le parle-ment, et ceux des ducs contre ce qu’on appelait lesprinces étrangers. Tantôt c’est une difficulté qui s’é-lève, pour la préséance, entre le duc de Luxembourg,le héros, et plusieurs pairs : il ne s’agit là que d’unequestion de date, et l’on ne combat que pour savoirsi, dans les rares occasions où les pairs siègent enparlement, M. de Luxembourg sera assis un peu plushaut ou un peu plus bas que MM. de La Rochefou-cauld et de Saint-Simon sur le banc de la pairie. Uneautre fois, le sujet de la querelle est le rang inter-médiaire donné aux bâtards entre les ducs et lesprinces du sang. Les princes du sang, pour se rendreà leur siège, traversaient diagonalement le parquetde la grand’chambre ; les pairs se coulaient le longdu mur : grande différence! Louis XIV imagina dedonner au duc du Maine et au comte de Toulouse ledroit de traverser le parquet, ce qui, dans la penséede Saint-Simon, équivaut presque au renversementde la monarchie. Vient ensuite la grande , l’intermi-nable affaire, l'affaire du bonnet. Ce bonnet est lecauchemar de Saint-Simon ; pendant des années iln’en dort pas. Dans les occasions les plus solennelles,au conseil de régence, quand il s’agit de casser letestament de Louis XIV, et que tous les esprits sontabsorbés par ces grands intérêts, Saint-Simon, qui