AVERTISSEMENT.
IX
le bon sens s’insurgera toujours contre les adora-teurs de l’étiquette. Mais , si l’on y réfléchit, est-cedonc de l’étiquette que Saint-Simon se préoccupe?Tl en fait cas , comme tout homme bien élevé faitcas de l’étiquette des salons , parce qu’elle importe àla régularité , à la dignité et à l’agrément des rela-tions; mais dès qu’elle passe une certaine limite etqu’elle "devient une idolâtrie, il est le premier à latourner en plaisanterie. Il raconte quelque partla discussion qui s’éleva, un jour de pluie , entre lepremier écuyer et le premier gentilhomme de lachambre, pour savoir lequel des deux donneraitle chapeau au roi à la promenade , et cette imper-tinente dispute ne lui paraît, comme à tout hommesensé , qu’une plate comédie. Ses Mémoires fourmil-lent de passages qui dénotent un esprit fort dégagéde ces bagatelles, et très-enclin à juger sévèrementla bassesse et la servilité des courtisans. S’il se jetteavec passion dans les luttes de la pairie contre lesparlements et les princes étrangers, c’est qu’il y voitautre chose qu’une affaire d’étiquette ; il y voit touteune politique, tout un système de gouvernement. Ilest étrange , mais il est vrai, que la question dubonnet n’est rien moins, à ses yeux, qu’une ques-tion d’honneur national et de liberté. Nous essaye-rons de le faire comprendre.
La France, jusqu’à la révolution, était une mo-narchie absolue. Entre une monarchie absolue et le