AVERTISSEMENT.
XI
doctrine du gouvernement paternel et des souvenirsde l’histoire , ne voyaient de salut que dans une sortede patriciat héréditaire, et, les yeux fixés vers lamonarchie féodale, qui s’évanouissait dans la nuitdes temps, ne comprenaient pas qu’un roi pût gou-verner sans sa fidèle noblesse, et restaient attachésde cœur et de conviction à la vieille maxime : « Lenoble juge et combat. » Le parlement de Paris com-mençait alors à se sentir ; il avait joué un grand rôlesous la régence ; il se voyait appelé à représenter letiers état; il se croyait le tuteur des rois. Il profitaitde l’état d’abaissement où Richelieu avait réduit lanoblesse. La noblesse n’avait que des titres et deshonneurs ; seul il avait des droits et des fonctions. Ilrendait la justice, il enregistrait les édits, il faisaitdes remontrances. En un mot, il était un pouvoir,tandis que la- noblesse, en fiabsence des états géné-raux, n’était qu’une décoration ou n’était rien.
Cependant, parmi cette noblesse, réduite par Ri-chelieu à l’impuissance, et par Louis XIV à la domes-ticité , il y avait une classe , une seule , qui avaitconservé quelques droits et quelques prérogatives :c’était la pairie. La pairie avait un caractère indélé-bile ; elle était héréditaire; elle investissait le pair dudroit de siéger, dans tous les parlements du royaume,au-dessus des conseillers, et lui donnait le pas, entoute occasion , sur ce qui n’était pas prince du sangroyal. Il y avait donc là un corps constitué, régulier ,