AVERTISSEMENT.
XV
ouvrirent la porte à la faveur, et concoururent àanéantir la noblesse, à la faire dépendre absolument etcomplètement du roi. La royauté avait fini par toutabsorber, et Louis XIV en vint un jour jusqu’à direque tous les biens de ses sujets lui appartenaient.
Nous faisons cette apologie du duc de Saint-Si-mon, non pour approuver ses idées, mais pour lesexpliquer. En luttant comme il l’a fait contre l’in-fluence parlementaire, il a cédé à une pensée poli-tique profonde, et non à une vanité puérile. Cettepremière période de sa vie a donc eu un sens, et ellen’est guère moins pleine que la seconde.
L’amitié du duc de Montausier avait désigné Saint-Simon au duc de Bourgogne. Une certaine analogiede caractère contribua plus encore à les réunir. Pen-dant les dernières années de la vie de ce prinee ,Saint-Simon eut avec lui des conférences secrètes ,dans lesquelles il lui déroula ses vues sur la pairie,sur les parlements , sur les ministères , sur la justepart qu’il convenait de faire à la liberté , et sur lesquestions religieuses. L’âge du roi, celui du Dauphin,permettaient à Saint-Simon de concevoir les plus flat-teuses espérances , quand la mort du duc de Bour-gogne vint le replonger dans l’inaction. Il en sortit àla mort du roi pour faire partie du conseil de régence.
A partir de ce moment, et presque jusqu’à la mortdu régent, il ne cessa de jouer un rôle considérable.Il avait été élevé avec le duc d’Orléans; depuis, il