AVERTISSEMENT.
XVII
redouter. Il ne demanda rien , ou plutôt il n’acceptarien pour lui-même. Quoique protecteur de Law, ilvit tout le monde s’enrichir , sans être tenté de suivrele torrent, et repoussa toujours la fortune que lareconnaissance du contrôleur général lui offrait. Ilconsentit seulement à se rendre à Madrid commeambassadeur extraordinaire, pour demander officiel-lement la main de l’infante au nom de Louis XV. Ilen revint appauvri, mais avec la Toison pour son filsaîné, et une grandesse pour son second fils. Aveccette ambassade finit son rôle politique. Une très-ancienne et assez intime liaison avec l’.évêque deFréjus, depuis cardinal de Fleury, ne lui rapportad’autre avantage que des conversations familières età cœur ouvert avec ce tout-puissant ministre. Il nesongea pas à en profiter autrement; et ce qu’il vit deces commencements du règne de Louis XV le dégoûtaplus que jamais des affaires.
Le grand événement de cette seconde partie de lavie de Saint-Simon, qui commence à la mort deLouis XIV, fut sa lutte contre les bâtards. Il était delongue main animé contre eux; d’abord par un sen-timent de pudeur blessée, puis par une aversionréelle et motivée pour la personne du duc du Maine,et enfin, et surtout, par la considération de la di-gnité des pairs, offusquée par le rang intermédiairedonné aux bâtards , et par la déclaration de leur suc-cessibilité à la couronne. Il déploya, pour cette af-34
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