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AVERTISSEMENT.
faire, plus d’énergie encore que pour le bonnet. Leduc du Maine, d’ailleurs, qui, après Louis XIV,n’espérait rien que du parlement, s’était entièrementdonné aux parlementaires, de sorte que Saint-Simonavait à venger tous ses griefs à la fois. Il lui falluttenir tête au parlement, au duc du Maine, à la du-chesse d’Orléans, au maréchal de Villeroy, gouver-neur du jeune Louis XV, à tout ce qu’on appelait leparti de la vieille cour. Pour surcroît de difficultés,il ne trouvait dans le régent qu’irrésolution et mol-lesse. La séance du parlement où fut cassé le testa-ment par lequel Louis XIV donnait au duc du Maineune autorité au moins égale à celle du régent, laséance, plus dramatique encore peut-être, où lesbâtards furent réduits au rang de leur pairie, mon-trent dans Saint-Simon l’habileté, le sang-froid et ladécision d’un général d’armée. Il tint là par deuxfois, dans ses mains, le destin de la monarchie, etchaque fois il en sortit à son honneur.
Il nous apprend lui-même que ses Mémoires furentcommencés dès 1694, lorsqu’il n’avait encore quedix-neuf ans. Il les a ainsi écrits, pour ainsi dire,jour par jour, et chaque événement, chaque portraita été tracé dans toute la fraîcheur et dans toute lavivacité de ses souvenirs. II eut soin de ne révéler àpersonne la tâche qu’il s’était donnée. On savait qu’ilétait studieux et qu’il aimait à’écrire; on comptaittrouver après lui, dans ses papiers, des notes pré-