XXII
AVERTISSEMENT.
solu, vicieux jusqu’au scandale, puis hypocrite ettyran des consciences, furieux de gloire jusqu’àavaler les plus grossiers encens , superbe jusqu’àcouvrir de cadavres tous les champs de bataille del’Europe, pour assouvir son orgueil; mauvais mari,père dénaturé, maître dur et impitoyable, roi pro-digue, dont les fêtes étonnent l’Europe, et dont lepeuple meurt de faim; grand pendant la moitié de savie par l’intelligence et la volonté de ministres qu’ildéteste, également incapable et obstiné dès que Col-bert, Louvois, de Lyonne lui manquent et qu’il veutvraiment gouverner par lui-même; roi de théâtre,qui fait trembler d’un froncement de sourcils tout unpeuple de valets ; qui entre dans son parlement lefouet à la main, et n’est en réalité que le jouet desa maîtresse et de son confesseur : ce Louis XIV deSaint-Simon est-il bien celui de l’histoire? Saint-Simon juge l’homme avec sévérité, et le roi avecdureté. Il est juste de tenir compte à un roi de cequi s’est fait de grand sous son règne. Le roi dugrand siècle ne saurait être un roi vulgaire. Louis XIVa aimé la gloire, et il l’a cherchée où elle est vérita-blement, dans les armes et dans les lettres. Quandses victoires et tant de chefs-d’œuvre accumulés,faisaient de lui le plus grand roi de l’univers, il n’apas paru au-dessous d’une telle fortune; et quandles désastres sont' venus, il les a supportés avec uncourage magnanime. C’était une âme née pour les