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AVERTISSEMENT.
peintures aimables. Il abonde en traits charmants , enfines remarques, en tours adroits et dégagés. Ses qua-rante volumes se dévorent, et pourtant jamais l’au-teur ne se détourne de son sujet, jamais un épisode,rien qui sente le roman ou même Hauteur de profes-sion. On aime jusqu’à ses négligences, parce qu’a-près tout, c’est le déshabillé d’un homme d’esprit,
On a répété, à propos d’un certain mépris qu’ihaf-fecte quelquefois pour les lois de la grammaire, qu’ilécrivait en grand seigneur. Ce singulier éloge l’auraitpeu flatté. Il était fait pour goûter la beauté du style,et il savait qu’on ne peut arriver à bien écrire sans ydonner tous ses soins. Ses négligences doivent êtreexpliquées par la loi qu’il s’était faite de tenir tou-jours son manuscrit au courant. Il laissait courir saplume sur les choses indifférentes ; mais il s’y prenaità deux fois quand'arrivaient les faits et les person-nages historiques. Il travaillait alors, et ce travail nousa donné quelques-unes des plus belles pages de notrelangue.
Le volume que nous publions donnera une idée,non des Mémoires, qui sont conçus sur un autreplan, mais du style et de l’esprit de Saint-Simon.Nous croyons qu’en réunissant dans un certain ordreles passages les plus propres à rendre la physionomiede Louis XIV et de sa cour, nous aurons rendu unservice à ceux qui n’ont pas le temps de lire les qua-rante volumes; et que les autres aimeront à retrou-