AVERTISSEMENT.
XXXI
profond chagrin, qu’il en tomba en langueur et nevécut pas deux ans depuis. »
Voici la froide mention qu’obtient Boileau, dansl’histoire d’un règne qu’il a tant contribué à illustrer :
» En même temps mourut Boileau-Despréaux, siconnu par son esprit, ses ouvrages, et surtout par sessatires. Il se peut dire que c’est en ce dernier genrequ’il a excellé, quoique ce fût un des meilleurshommes du monde. » Il dit de La Fontaine « qu’il estconnu par ses fables et ses contes, et toutefois très-pesant en conversation, » et après cela il n’en parleplus. Il ne mentionne Molière qu’en passant, à l’oc-casion de l’abbé Roquette, l’original de Tartufe. En-fin, pour terminer ici ce qui a trait aux lettres, sicavalièrement traitées par le duc de Saint-Simon,nous rapporterons les deux passages caractéristiquesoù il parle de Voltaire, bien que cela dépasse les li-mites du règne de Louis XIV.
« Arouet, dit-il, fils d’un notaire, qui l’a été demon père et de moi jusqu’à sa mort, fut exilé et en-voyé à Tulle, pour des vers fort satiriques et fort im-pudents. Je ne m’amuserais pas à marquer une sipetite bagatelle, si ce même Arouet, devenu grandpoète et académicien sous le nom de Voltaire, n’étaitdevenu, à travers force aventures tragiques, une ma-nière de personnage dans la république des lettres,et même une manière d’important parmi un certainmonde. » Il ne fait que répéter, deux volumes plus