XXXII
avertissement.
loin, à peu près les mêmes paroles : « Je ne dirais pasici qu’Arouet fut mis à la Bastille pour avoir fait desvers très-effrontés, sans le nom que ses poésies, sesaventures et la fantaisie du monde lui ont fait. Il étaitfils du notaire de mon père, que j’ai vu bien des foislui apporter des actes à signer. Il n’avait jamais purien faire de ce fils libertin, dont le libertinage a faitenfin la fortune sous le nom de Voltaire, qu’il a prispour déguiser le bien »
En dehors du monde de la cour et de celui des let-tres, il y en avait un autre, que Saint-Simon connais-sait, à cause de ses rapports continuels avec la couret surtout avec la pairie, c'était la magistrature. Lanoblesse d’épée avait beau affecter de dédaigner lanoblesse de robe ; elle l’écrasait à la guerre et dansles salons; mais partout ailleurs, et jusque dans lesconseils du roi, il fallait compter avec elle. Elle te-nait, par les procédures, la fortune des plus grandesfamilles; elle fournissait aux provinces des intendants,et au roi des secrétaires d’État et des ministres. Assisesur les fleurs de Iis dans la grand’chambre du parle-ment, elle enregistrait les édits royaux, et présidait dansles changements de règne, aux plus grands actes de lamonarchie. Les présidents à mortier tenaient le pre-mier rang à la ville, et se faisaient compter à la cour ; lepremier président ne voyait aucun magistrat au-dessusde lui, si ce n’est le garde des sceaux, et sa place enfaisait un des principaux personnages du royaume.