XXXIV
AVERTISSEMENT.
à insulter, à outrager, à accabler, et n’en ayant de savie perdu une occasion. »
Saint-Simon raconte plus d’une bonne scène de ceprésident de Harlay. Il nous le montre avec son filsdans sa maison, assis gravement en face l’un de l’au-tre, et se demandant diplomatiquement des nouvellesde leur santé; puis retranchés chacun dans leur ap-partement, uniquement séparés par le palier, et s’é-crivant des billets dont la sécheresse et le cérémonialn’auraient été désavoués par aucune chancellerie.Ailleurs, ce sont les pères de l’Oratoire et les jésuitesqui plaident dans le cabinet du premier président;celui-ci les écoute attentivement à tour de rôle, et sansmarquer aucune préférence ; puis il les reconduit,' se-lon sa coutume, jusqu’à la porte, et là, regardant lesjésuites dans les yeux : « C’est un plaisir, dit-il, mespères, de .vivre avec vous, » et tout de suite se retour-nant aux pères de l’Oratoire : «c et un bonheur, mes pè-res, de mourir avec vous. »—■« Harlay, dit Saint-Simon,dont nous rapporterons encore ce coup de pinceau,était un petit homme maigre, à visage en losange, lenez grand et aquilin, des yeux de vautour qui sem--blaient dévorer les objets et percer les murailles; unrabat et une perruque noire mêlée de blanc, l’unet l’autre guère plus longs que les ecclésiastiques lesportent; une calotte, des manchettes plates commeles prêtres et le chancelier; toujours en robe, maisétriquée, le dos courbé, une parole lente, pesée,