ET SA COUR. 45
ou sur le gouvernement, une raillerie, en un motun article de lettre spécieux et détaché, noyaitsans ressource, sans perquisition aucune, et cemoyen était continuellement entre leurs mains.Aussi à vrai et à faux était-il incroyable combiende gens de toutes les sortes en furent plus oumoins perdus. Le secret était impénétrable, et ja-mais rien ne coûta moins au roi que de se taire pro-fondément , et de dissimuler de même.
Ce dernier talent, il le poussa souvent jusqu’à lafausseté, mais avec cela jamais de mensonge, et ilse piquait de tenir parole. Aussi ne la donnait-ilpresque jamais. Pour le secret d’autrui, il le gar-dait aussi religieusement que le sien. Il était mêmeflatté de certaines confessions et de certaines con-fidences e't même confiances, et il n’y avait maî-tresses, ministre, ni favori qui pût y donner atteinte,quand le secret les aurait même regardés.
On a su, entre beaucoup d’autres, l’aventure fa-meuse d’une femme de nom, laquelle a toujoursété pleinement ignorée et jusqu’au soupçon même,qui, séparée de lieu depuis un an d’avec son mari,se trouvant grosse et sur le point de le voir arriverde l’armée, à bout enfin de tous moyens, fit de-mander en grâce au roi une audience secrète, dontqui que ce soit ne pût s’apercevoir, pour l’affairedu monde la plus importante. Elle l’obtint. Ellese confia nu roi dans cet extrême besoin , et lui