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LOUIS XIV
encouragés l’un et l’autre, bien loin d’ètre acca-blés. Il prescrivait des règles très-simples, très-sages et très-faciles pour la levée et la perceptionde ces deux droits, suivant la valeur de chaqueterre, et par rapport au nombre d’hommes surlequel on peut compter avec le plus d’exactitudedans l’étendue du royaume. Il ajouta la compa-raison de la répartition en usage avec celle qu’ilproposait, les inconvénients de l’une et de l’autre,et réciproquement leurs avantages, et conclut pardes preuves en faveur de la sienne, d’une nettetéet d’une évidence à ne s’y pouvoir refuser; aussicet ouvrage reçut-il les applaudissements publicset l’approbation des personnes les plus capablesde ces calculs et de ces comparaisons, et les plusversées en toutes ces matières, qui en admirèrentla profondeur, la justesse, l’exactitude et laclarté.
Mais ce livre avait un grand défaut 1 . Il donnait àla vérité au roi plus qu’il ne tirait par les voiesjusqu’alors pratiquées, il sauvait aussi les peuplesde ruines et de vexations, et les enrichissait enleur laissant tout ce qui n’entrait point dans lescoffres du roi à peu de chose près, mais il ruinaitune armée de financiers, de commis, d’employésde toute espèce ; il les réduisait à chercher à vivre
1. Ce livre, un des principaux titres de gloire de Vauban, estintitulé la Dîme royale. Il fut imprimé en 1707 et 1709.