ET SA COUR.
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à leurs dépens, et non plus à ceux du public, et ilsapait par les fondements ces fortunes immensesqu’on voit naître en si peu de temps.
Ce ne fut donc pas merveille si le roi, prévenupour ses ministres de robe et de finance , reçuttrès-mal le maréchal de Vauban lorsqu’il lui pré-senta son livre, qui lui était adressé dans fout lecontenu de l’ouvrage. On peut juger si les minis-tres à qui il le présenta lui firent un meilleur ac-cueil. De ce moment, ses services, sa capacitémilitaire unique en son genre , ses vertus , l’affec-tion que le roi y avait mise, jusqu’à eroire se cou-ronner de lauriers en l’élevant, tout disparut àl’instant à ses yeux. 11 ne vit plus en lui qu’uninsensé pour l’amour du public, et qu’un criminelqui attentait à l’autorité de ses ministres, par con-séquent à la sienne. Il s’en expliqua de la sortesans ménagement.
M. de Vendôme '.
M. de Vendôme était d’une taille ordinaire pourla hauteur, un peu gros, mais vigoureux, fort etalerte; un visage fort noble et. l’air haut; de lagrâce naturelle dans le maintien et dans la parole ;beaucoup d’esprit naturel qu’il n’avait jamais cul-tivé, une énonciation facile, soutenue d’une har-
1. Petit-fils du bâtard de Henri IV.