ET SA COUR.
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campagnes, donné même des avantages considé-rables à l’ennemi, pour ne se pouvoir résoudre àquitter un camp où il se trouvait logé à son aise.Il voyait peu à l’armée par lui-même, il s’en fiaità ses familiers que très-souvent encore il n’encroyait pas. Sa journée, dont il ne pouvait trou-bler l’ordinaire, ne lui permettait guère de faireautrement. Sa saleté était extrême, il en tirait va-nité; les sots le trouvaient un homme simple. 11était plein de chiens et de chiennes dans son litqui y faisaient leurs petits à ses côtés. Lui-mêmene s’y contraignait de rien. Une de ses thèses étaitque tout le monde en usait de même, mais n’avaitpas la bonne foi d’en convenir comme lui. Il lesoutint un jour à Mme la princesse de Conti, laplus propre personne du monde et la plus recher-chée dans sa propreté.
Il se levait assez tard à l’armée, se mettait sursa chaise percée, y faisait ses lettres, et y donnaitses ordres du matin. Qui avait à faire à lui, c’est-à-dire pour les officiers généraux et les gens distin-gués , c’était le temps de lui parler. Il avait accou-tumé l’armée à cette infamie. Là, il déjeunait àfond, et souvent avec deux ou trois familiers, ren-dait d’autant, soit en mangeant, soit en écoutantou en donnant ses ordres, et toujours force spec-tateurs debout ; il faut passer ces honteux détailspour le bien connaître. Il rendait beaucoup; quand