ET SA COUR.
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l'atterra. Us n’étaient qu’un cœur et qu’une âme;et, quoiqu’ils ne se fussent jamais vus depuis l’exil,Fénelon le dirigeait de Cambrai jusque dans lesplus petits détails. Malgré sa profonde douleur dela mort du Dauphin, il n’avait pas laissé d’embras-ser une planche dans ce naufrage. L’ambition sur-nageait à tout, se prenait à tout. Son esprit avaittoujours plu à M. le duc d’Orléans. M. de Che-vreuse avait cultivé et entretenu entre eux l’estimeet l’amitié, et j’y avais aussi contribué par atta-chement pour le duc de Beauvillier, qui pouvaittout sur moi. Après tant de pertes et d’épreuves lesplus dures, ce prélat était encore homme d’espé-rances, et ne les avait pas mal placées. Quoi qu’ilen soit, sa faible complexion ne put résister à tantde soins et de traverses. La mort du duc de Beau-villier lui porta le dernier coup. Il se soutintquelque temps par effort de courage, mais sesforces étaient à bout. Les eaux ainsi qu’à Tantale,s’étaient trop persévéramment retirées du bord deses lèvres toutes les fois qu’il croyait y toucher poury éteindre l’ardeur de sa soif.
Il fit un court voyage de visite épiscopale ; ilversa dans un endroit dangereux, personne ne futblessé, mais il vit tout le péril, et eut dans safaible machine toute la commotion de cet accident.Il arriva incommodé à Cambrai, la lièvre survint,et les accidents tellement coup sur coup qu’il n’y