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Oeuvres Complètes De Molière
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LE MÉDECIN VOLANT.

vous le dites, je vous réponds ds tout; venez seulement me faireavoir un habit de médecin, et minstruire de e quil me faut faire,et me donner mes licences, qui sont les dix dstoles promises.

{Valère et Sganarelle sen font.)

SCENE III. GORGIBUS , GROS-RENÉ.

gorgibus. Allez vite chercher un médecin, car ma fille estLien malade, et dépêchez-vous

gros-rene. Que diable aussi ! pourquoi vouloir donner votrefille à un vieillard ? Croyez-vous que ce ne soit pas le désir quellea davoir un jeune homme qui la travaille ? Voyez-vous la con-nexité quil y a, etc. ( galimatias ).

gorgibus. Va-ten vite; je vois bien que cette maladie- re-culera bien les noces.

gros-renë. Et cest ce qui me fait enrager ,* je croyois refairemon ventre dune bonne carrelure, et men voilà sevré. Je menvais chercher un médecin pour moi, aussi bien que pour votrefille ; je suis désespéré. {Il sort.)

SCÈNE IV. SABINE, GORGIBUS, SGANARELLE.

sabine. Je vous trouve à propos , mon oncle, pour vous ap-prendre une bonne nouvelle. Je vous amène le plus habile méde-cin du monde, un homme qui vient des pays étrangers, qui saitles plus beaux secrets, et qui sans doute guérira ma cousine. Onme la indiqué par bonheur, et je vous lamène. Il est si savant,que je voudrois de bon cœur être malade, afin quil me guérît.

gorgibus. est-il donc ?

sabine. Le voilà qui me suit ; tenez, le voilà.

gorgibus. Très-humble serviteur à monsieur le médecin. Jevous envoie quérir pour voir ma fille qui est malade ; je mets toutemon espérance en vous.

sganarelle. Hippocrate dit, et Galien, par vives raisons,persuade quune personne ne se porte pas bien quand elle est ma-lade. Vous avez raison de mettre votre espérance en moi, car jesuis le plus grand, Le plus habile, le plus docte médecin qui soitdans la Faculté végétable, sensitive et minérale.

gorgibus. Jen suis fort ravi.

sganarelle. Ne vous imaginez pas que je sois un médecinordinaire, un médecin du commun. Tous les autres médecins nosont, à mon égard, que des avortons de médecins. Jai des talensparticuliers, jai des secrets. Salainalec , salamalec. Rodrigue, as-tudu cœur? signor, si; signor, no. Per omnia sæcula sæculorum. Maisencore voyons un peu.