14
LE MÉDECIN VOLANT.
vous le dites, je vous réponds ds tout; venez seulement me faireavoir un habit de médecin, et m’instruire de e qu’il me faut faire,et me donner mes licences, qui sont les dix dstoles promises.
{Valère et Sganarelle s’en font.)
SCENE III. — GORGIBUS , GROS-RENÉ.
gorgibus. — Allez vite chercher un médecin, car ma fille estLien malade, et dépêchez-vous
gros-rene. — Que diable aussi ! pourquoi vouloir donner votrefille à un vieillard ? Croyez-vous que ce ne soit pas le désir qu’ellea d’avoir un jeune homme qui la travaille ? Voyez-vous la con-nexité qu’il y a, etc. ( galimatias ).
gorgibus. — Va-t’en vite; je vois bien que cette maladie-là re-culera bien les noces.
gros-renë. — Et c’est ce qui me fait enrager ,* je croyois refairemon ventre d’une bonne carrelure, et m’en voilà sevré. Je m’envais chercher un médecin pour moi, aussi bien que pour votrefille ; je suis désespéré. {Il sort.)
SCÈNE IV. — SABINE, GORGIBUS, SGANARELLE.
sabine. — Je vous trouve à propos , mon oncle, pour vous ap-prendre une bonne nouvelle. Je vous amène le plus habile méde-cin du monde, un homme qui vient des pays étrangers, qui saitles plus beaux secrets, et qui sans doute guérira ma cousine. Onme l’a indiqué par bonheur, et je vous l’amène. Il est si savant,que je voudrois de bon cœur être malade, afin qu’il me guérît.
gorgibus. — Où est-il donc ?
sabine. — Le voilà qui me suit ; tenez, le voilà.
gorgibus. — Très-humble serviteur à monsieur le médecin. Jevous envoie quérir pour voir ma fille qui est malade ; je mets toutemon espérance en vous.
sganarelle. — Hippocrate dit, et Galien, par vives raisons,persuade qu’une personne ne se porte pas bien quand elle est ma-lade. Vous avez raison de mettre votre espérance en moi, car jesuis le plus grand, Le plus habile, le plus docte médecin qui soitdans la Faculté végétable, sensitive et minérale.
gorgibus. — J’en suis fort ravi.
sganarelle. — Ne vous imaginez pas que je sois un médecinordinaire, un médecin du commun. Tous les autres médecins nosont, à mon égard, que des avortons de médecins. J’ai des talensparticuliers, j’ai des secrets. Salainalec , salamalec. Rodrigue, as-tudu cœur? signor, si; signor, no. Per omnia sæcula sæculorum. Maisencore voyons un peu.