LA PRINCESSE D’ELIDE.
Si
ports, le ressentiment où je suis des bontés surprenantes dont vousdaignez favoriser le plus soumis de vos captifs.la princesse. — Comment?
aristomène. — Le prince d’Ithaque, madame, vient de m’assu-rer tout à l’heure, que votre cœur avoit eu la bonté de s expliqueren ma faveur, sur ce célèbre choix qu’attend toute la Grèce.la princesse. — Il vous a dit qu’il tenoit cela de ma bouche?aristomène. — Oui, madame.
la princesse. — C’est un étourdi ; et vous êtes un peu trop cré-dule, prince, d’ajouter foi si promptement à ce qu’il vous a dit.Une pareille nouvelle méritoit bien, ce me semble, qu’on en doutâtun peu de temps; et c’est tout ce que vous pourriez faire de lacroire, si je vous l’avois dite moi-même.
aristomène. — Madame, si j’ai été trop prompt à me persuader....
la princesse. — De grâce, prince, brisons là ce discours; et, s:vous voulez m’obliger, souffrez que je puisse jouir de deux momen.de solitude.
SCÈNE V. - LA PRINCESSE, AGLANTE, MORON.
la princesse. — Ah 1 qu’eu cette aventure, le ciel me traite avecune rigueur étrange! Au moins, princesse, souvenez-vous de laprière que je vous ai faite.
aglante. — Je vous l’ai dit déjà, madame, il faut vous obéir.
SCÈNE VI. — LA PRINCESSE, MORON.
moron. — Mais, madame, s’il vous aimoit, vous n’en voudriezpoint, et cependant vous ne voulez pas qu’il soit à une autre. C’estfaire justement comme le chien du jardinier.
la princesse. — Non, je ne puis souffrir qu’il soit heureux avecune autre; et, si la chose étoit, je crois que j’en mourrois de dé-plaisir.
moron. — Ma foi, madame, avouons la dette. Vous voudriez qu’ilfût à vous ; et, dans toutes vos actions, il est aisé de voir que vousaimez un peu ce jeune prince.
la princesse. — Moi, je l’aime? O ciel! je l’aime? Avez-vousl’insolence de prononcer ces paroles ? Sortez de ma vue , impudentet ne vous présentez jamais devant moi.moron. — Madame....
la princesse. — Retirez-vous d’ici, vous dis-je, ou je vous enferai retirer d’une autre manière.moron, bas, à part. — Ma foi, son cœur en a sa provision, et..Ifl rencontre un regard de la princesse, nui l’oblige à se retirer