DE L’ILE ENCHANTEE. 47
char; leurs pages, au même ordre, derrière eux; les Signes et lesHeures, comme ils étoient entrés.
Lorsqu’on eut fait halte en cet état, un profond silence, causétout ensemble par l’attention et par le respect, donna le moyen àmademoiselle de Brie, qui représentoit le Siècle d’airain, de com-mencer ces vers à la louange de la reine, adressés à Apollon, re-présenté par le sieur La Grange :
LE SIÈCLE D’AIRAIN , à Apollon
Brillant père du jour, toi de qui la puissance,
Par ses divers aspects, nous donna la naissance,
Toi, l’espoir de la terre et l’ornement des cieux,
Toi, le plus nécessaire et le plus beau des dieux,
Toi, dont l’activité, dont la bonté suprêmeSe fait voir et sentir en tous lieux par soi-même,
Dis-nous par quel destin, ou par quel nouveau choix,
Tu célèbres tes jeux aux rivages françois I
APOLLON.
Si ces lieux fortunés ont tout ce qu’eut la GrèceDe gloire, de valeur, de mérite et d’adresse,
Ce n’est pas sans raison qu’on y voit transférésCes jeux qu’à mon honneur la terre a consacrés.
J’ai toujours pris plaisir à verser sur la FranceDe mes plus doux rayons la bénigne influence ;
Mais le charmant objet qu’hymen y fait régner,
Pour elle maintenant me fait tout dédaigner.
Depuis un si long temps que, pour le bien du monde,
Je fais l’immense tour de la terre et de l’onde,
Jamais je n’ai rien vu si digne de mes feux,
Jamais un sang si noble, un cœur si généreux,
Jamais tant de lumière avec tant d’innocence,
Jamais tant de jeunesse avec tant de prudence,
Jamais tant de grandeur avec tant de bonté,
Jamais tant de sagesse avec tant de beauté.
Mille climats divers qu’on vit sous la puissanceDe tous les demi-dieux dont elle prit naissance,
Cédant à son mérite autant qu’à leur devoir,
Se trouveront un jour unis sous son pouvoir.
Ce qu’eurent de grandeurs et la France et l’Espagne,
Les droits de Charles-Quint, les droits de Charlemagne,
En elle avec leur sang heureusement transmis,
T; Ces vers, ainsi que ceux qu’on trouvera plus loin sous les noms deDiane , de Pan et des quatre Saisons, et probablement les vers à la loua âgede la reine mère , sont du président de Périgni.