VINGT ET UNIEME LEÇON. 513
lique (1), à la loi des Lombards (2), à celle des Ba-varois (3), etc. Ces additions semblent faites dansune forme et avec des solennités particulières; cellequi se rapporte à la loi salique est précédée, dansun ancien manuscrit, par ces mots :
Ce sont ici les articles que le seigneur Charles le Grand,empereur, a fait écrire dans son conseil, et a ordonné deplacer entre les autres lois.
Le législateur paraît même demander plus ex-pressément à ce sujet l’adhésion de la population;en 803, c’est-à-dire dans la même année où furentfaites des additions à la loi salique, Charlemagnedonne pour instruction à ses missi :
Que le peuple soit interrogé au sujet des articles qui ont étérécemment ajoutés à la loi, et après que tous auront consenti,qu’ils apposent auxdils articles leur confirmation, et leursignature (4).
4° Des extraits des actes des conciles et de toutela législation canonique : le grand capitulaire renduà Aix-la-Chapelle en 789 (5), et une foule d’arti-cles répandus dans les autres, ne sont rien de plus.
5° Des lois nouvelles dont les unes sont rédigéesdans les assemblées générales, avec le concours desgrands laïques et des grands ecclésiastiques réunis,ou des ecclésiastiques seuls, ou des laïques seuls;tandis que les autres paraissent l’ouvrage de l’em-pereur seul, et ressemblent à ce que nous appelle-rions aujourd’hui des ordonnances. Ces distinctionsne sont pas marquées par des caractères bien pré-cis ; cependant, en y regardant de près, on parvientà les reconnaître.
6° De pures instructions données par Charlema-gne à ses missi, au moment où ils partent pour lesprovinces, et qui ont pour objet, tantôt de réglerleur conduite, tantôt de les diriger dans leurs re-cherches, souvent de les employer comme intermé-diaire, comme moyen de communication entre lepeuple et l’empereur. Les actes de ce genre, fortétrangers, en partie du moins, à la législation, sonten grand nombre dans les capitulaires (6) : des ar-ticles d’une tout autre nature s’y trouvent quelque-fois mêlés.
7" Des réponses données par Charlemagne à desquestions qui lui sont adressées par les comtes, oules évêques, ou les missi dominiei, à l’occasion dedifficultés qui se sont présentées à eux dans leur ad-
(I) Cap., a. 808 ; 1.i", col. 387.
(S) Cap., a. 801; 1. 1 «, col. 3.45.
(3) Cap., a. 788; t. i", col. 207.
(4) Cap., a. 803, § 19 ; Bal., t. !<*, col. 394.
(5) Bal., t. I er , col. 209.
(6) Cap., a. 789; Bal., t. ter, col. 243 ; a. 802; t. i*r, col. 58! ; a. 802;t.i»'’, col. 378; a. 803 ; t. i«r, col. 391; a. 806 ; 1.!«*•, col. 449.
ministration (7). 11 résout ces difficultés qui portenttantôt sur des matières que nous appellerions légis-latives, tantôt sur des faits de simple administra-tion , tantôt sur des intérêts particuliers.
8° Des questions que Charlemagne se propose defaire, soit aux évêques, soit aux comtes, quand ilsviendront à l’assemblée générale. 11 les faisait évi-demment rédiger d’avance, pour se rendre compteà lui-même de ce qu’il avait besoin de savoir et vou-lait demander. Ces questions, qui sont au nombredes actes les plus curieux du recueil, ont en géné-ral un caractère de blâme et de leçon pour ceux àqui elles s’adressent. En voici quelques-unes quiferont juger de la liberté d’esprit de Charlemagne,et de son bon sens; je traduis textuellement :
Pourquoi il se fait que, soit sur les marches, soit à l’armée,lorsqu'il y a quelque chose à faire pour la défense de la patrie,l’un ne veuille pas prêter appui à l’autre (8).
D’où viennent ces continuels procès par lesquels chacun veutavoir ce qu’il voit posséder à son pareil (9).
Demandera quels sujets et en quels lieux les ecclésiastiquesfont obstacle aux laïques et les laïques aux ecclésiastiques dansl’exercice de leurs fonctions. Rechercher et discuter jusqu’àquel point un évêque ou un abbe doit intervenir dans lesaffaires séculières, et un comte ou tout autre laïque dans lesaffaires ecclésiastiques. Les interroger d’une façon pressantesur le sens de ces paroles de l'apôtre : « Nul homme qui combatau service de Dieu ne s’embarrasse des affaires du monde. »À qui s’adressent-elles (10)?
Demander aux évêques et aux abbés de nous déclarer avecvérité ce que veulent dire ces mots dont ils se servent souvent :Renoncer au siècle; et à quels signes on peut distinguer ceuxqui renoncent au siècle de ceux qui suivent encore le siècle :est-ce à cela seul qu'ils ne portent point d'armes et ne sont pasmariés publiquement (11)?
Demander encore si celui-là a renoncé au siècle qui travaillechaque jour, n’importe par quel moyen, à accroître ses posses-sions, tantôt promettant la béatitude du royaume des cieuxtantôt menaçant des supplices éternels de l’enfer ; ou bien,sous le nom de Dieu ou de quelque saint, dépouillant de sesbiens quelque homme, riche ou pauvre, simple d’esprit et peuavisé, de telle sorte que ses héritiers légitimes en soient privés,et que la plupart, à cause de la misère dans laquelle ils tom-bent, soient poussés à toutes sortes de désordres et de crimes,et commettent presque nécessairement des désordres et desbrigandages (12).
A coup sûr, de telles questions ne ressemblentpoint à des articles de loi.
9° Certains capitulaires ne sont pas même desquestions, mais de simples notes, des memorandapour ainsi dire, que Charlemagne semble avoir faitécrire pour lui seul, et aiin de ne pas oublier telleou telle mesure qu’il se proposait de prendre. On lit,
(7) 6* cap., a. 805 ; Bal., t. ter, col. 401.
(8) i« r cap., a. 814, § 1 ; Bal., t. ier, col. 477.
(9) ter cap., a. 811, § 2.
(40) Ibid., § 4.
(41) 2« cap., a. 844, § 4; Bal., 1 . 1 «, col, 479.
(12) Ibid., §8.
ctizor.