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trer dans de trop longs détails. Les deux dernierssont en forme de dialogue entre Alcuin et Charle-magne, et ont évidemment pour objet d’instruireCharlemagne des procédés des anciens sophistes etrhéteurs, surtout en ce qui concerne la dialectiqueet l’éloquence judiciaire.
5” Les œuvres historiques d’Alcuin sont de peud’importance : elles se bornent à quatre vies desaints, saint Waast, saint Martin, saint RiquieretsaintWillibrod. La dernière contient cependant desdétails assez curieux pour l’histoire des mœurs. Al-cuin avait écrit, dit-on, une histoire de Charlema-gne, en particulier de ses guerres contre les Saxons;mais cet ouvrage est perdu, s’il est vrai qu’il ait ja-mais existé.
4° Ses œuvres poétiques, quoique nombreuses,sont aussi de peu de valeur : il y a deux cent qua-tre-vingts pièces de vers, sur toutes sortes de sujets,la plupart sur des circonstances du moment. Laprincipale est le poème sur les évêques et les saintsde l’Église d’York; il mérite d’être lu, comme ren-seignement sur l’état intellectuel du temps.
Je regrette, messieurs, de ne pouvoir entrer plusavant dans l’examen de ces monuments d’un espritsi actif et si distingué. Quelques personnes pense-ront peut-être que je m’y suis arrêté bien longtemps;pour moi, je trouve que j’y ai jeté à peine un coup
d’œil; et, si nous en faisions une étude approfondie,nous y trouverions, n’en doutez pas, plaisir et profit :mais il faut se borner. En résumé, voici quels meparaissent être le caractère général, la physionomieintellectuelle d’Alcuin et de ses travaux. Il est théo-logien de profession ; l’atmosphère où il vit, où vitle public auquel il s’adresse, est essentiellementthéologique : et pourtant l’esprit théologique nerègne point seul en lui; c’est aussi vers la philoso-phie, vers la littérature ancienne que tendent sestravaux et ses pensées; c’est là ce qu’il se plaîtaussi à étudier, à enseigner, ce qu’il voudrait fairerevivre. Saint Jérôme et saint Augustin lui sont très-familiers; mais Pylhagore, Aristote, Aristippe,Diogène, Platon, Homère, Virgile, Sénèque, Pline,reviennent aussi dans sa mémoire. La plupart deses écrits sont théologiques; mais les mathémati-ques, l’astronomie, la dialectique, la rhétorique lepréoccupent habituellement. C’est un moine, undiacre, la lumière de l’Église contemporaine; maisc’est en même temps un érudit, un lettré classique.En lui commence enfin l’alliance de ces deux élé-ments dont l’esprit moderne a si longtemps portél’incohérente empreinte, l’antiquité et l’Église,l’admiration, le goût, dirai-je le regret de la litté-rature païenne, et la sincérité de la foi chrétienne,l’ardeurà sonder ses mystères et défendre son pouvoir.
VINGT-TROISIÈME LEÇON.
Classification des hommes célèbres du siècle de Charlemagne. — lo De Leidrade, archevêque de Lyon. — Sa lettre à Charlemagnesur ce qu’il a fait dans son diocèse. — 2o De Théodulf, évêque d’Orléans. — Ses mesures pour l’instruction du peuple. —Son poème intitulé : Exhortation aux juges. — 3» De Smaragde, abbé de Saint-MIhiel. — Son traité de morale pour lesrois, intitulé : Via regia. — 4o D’Eginhard. — Son prétendu mariage avec une fille de Charlemagne. — Leurs relations. —Ce qu’il devint après la mort de ce prince. — Ses lettres. — Sa Vie de Charlemagne. — Résumé.
Messieurs ,
Quand j’ai mis sous vos yeux le tableau deshommes célèbres du siècle de Charlemagne, j’y aicompris ceux qui étaient morts et ceux qui étaientnés sous son règne, ses contemporains proprementdits et ceux qui lui ont survécu longtemps; les pre-miers, trouvés pour ainsi dire et employés par lui,les seconds formés sous son influence. Distinction
importante quand on veut apprécier avec équité uneépoque et l’influence d’un homme. Un souverain ar-rive au pouvoir au milieu de circonstances, sousl’empire de causes antérieures et indépendantes desa volonté; elles ont semé autour de lui des hommesdistingués; il les recueille, mais il ne les a pointfaits; son mérite consiste à savoir les reconnaître,les accepter, s’en servir; mais ils ne sont pas le ré-sultat de son action; il ne faut point la juger à leur
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cuzor.