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CIVILISATION EN FRANCE.
de Beauvais, Hincmar, alors âgé de trente-neuf ans,fut élu archevêque de Rheims.
De cette époque datent son activité et son in-fluence dans l’Eglise gallo-franque. Il a été arche-vêque de Rheims pendant trente-sept ans, de l’an813 au 23 décembre 882.
Dans ce long espace de temps, on trouve sa signa-ture au bas des actes de trente-neuf conciles, sansparler de Beaucoup d’autres petites assemblées ec-clésiastiques, dont il n’est resté aucun monument.
Hincmar assista :
•)
En 884 au concile Je Verneuil.
845
de Beauvais.
id.
de Meaux,
847
de Paris.
849
de Kiersy.
id.
de Paris.
850
de Moret.
851
de Soissons.
855
id.
id.
de Kiersy.
id.
de Verberie.
857
de Kiersy.-
858
id.
859
de Metz.
id.
de Toul.
860
lieu incertain.
id.
de Toul.
861
de Soissons.
862
de Sens.
id.
de Saisonnières.
id.
de Pistes.
id.
de Soissons.
id.
de Pistes (transf.
863
de Sentis.
id.
de Verherie.
866
de Soissons.
867
de Troyes.
869
de Verberie,
id.
de Metz.
id.
de Pistes.
870
d’Attigny,
871
de Douzy.
873
de Sentis,
874
de Douzy.
875
de Chàlons.
876
de Pontion.
878
de Neustrie.
id.
de Troyes.
881
de Fismcs.
à Soissons).
Dans la plupart de ces conciles, il a présidé et di-rigé les affaires. L’historien de l’Église de Rheims,Frodoard, qui avait à sa disposition les archives del’Église, mentionne spécialement quatre cent vingt-trois lettres de lui (I), et en indique presque à cha-que page un grand nombre d’autres. Ces lettressont adressées à des rois, reines, papes, archevê-
(4) Histoire de VEglise de Rheims, c. xviu-xxyiu } dans ma Collection desMémoires relatifs à l’histoire de France.
ques, évêques, abbés, prêtres, ducs, comtes, etc. 11était évidemment en correspondance habituelle etfamilière avec tous les hommes considérables dutemps. Enfin, il nous reste de lui soixante et dix ou-vrages, grands ou petits, religieux ou politiques,recueillis par le père Sirmond, en deux volumesin-folio, auxquels un autre jésuite, le pèreCellot, aajouté plus tard un troisième volume; et nous savons,avec certitude, que beaucoup d’autres écrits d’Hinc-mar ne sont pas venus jusqu’à nous.
Certes, messieurs, c’est là une vie pleine et puis-sante. Pour la bien apprécier et en tirer de viveslumières sur l’histoire générale de ce temps, il fautclasser un peu les faits qui l’ont remplie, et consi-dérer Hincmar sous trois points de vue principaux :•1° au dehors de l’Église gallo-franque et de sondiocèse, dans ses rapports, soit avec le pouvoir civilnational, les rois de France, soit avec le pouvoir ec-clésiastique étranger, les papes; 2“ au dedans del’Église gallo-franque et de son diocèse, dans soninfluence ecclésiastique et son administration épis-copale; 3° dans son activité scientifique et littéraire,comme théologien et écrivain. Tous les faits impor-tants et instructifs de la vie d’Hincmar se rattachentà l’un ou à l’autre de ces trois aspects.
I. Considéré dans ses relations avec le pouvoircivil national, Hincmar apparaît, durant sa vie en-tière, comme l’évêque de la cour de France, le di-recteur de ses rois. Je dis l’évêque de la cour, et àdessein. On le trouve, en effet, à la tête de tousles événements de cour, de toutes les cérémoniesofficielles. Quatre couronnements, quatre sacres derois et de reines ont eu lieu à cette époque, et c’esttoujours Hincmar qui y préside. En 836, il cou-ronne, àVerberie, Judith, fille de Charles le Chauve,qui épouse Edelwolf, roi des Anglo-Saxons. En 866,il sacre, au concile de Soissons, Hermentrude,femme de Charles le Chauve. En 869, au concile deMetz, il sacre roi de Lorraine Charles le Chauve lui-même. En 877, il sacre Louis le Bègue roi de France.C’est toujours lui, en un mot, qui, dans toutes lesgrandes occasions, dans son diocèse ou hors de sondiocèse, dans les assemblées ecclésiastiques ou ci-viles, représente l’Église au milieu de la cour, pré-side à l’alliance de la religion avec la royauté.
Dans les circonstances plus graves que des céré-monies, dans la politique proprement dite, le traitremarquable de la vie d’Hincmar, c’est sa constantefidélité à la ligne directe, aux descendants légitimesde Charlemagne; problème difficile à résoudre deson temps, au milieu de toutes les vicissitudes dutrône, de toutes les dissensions de la famille ré-gnante. Soit affection, principe, prévoyance, ou ha-bileté, la foi d’Hincmar ne s’est jamais égarée dans