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Cours d'histoire moderne / par M. Guizot. / Histoire générale de la civilisation en Europe, depuis la chute de l'Empire romain jusqu'à la Révolution française
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PREUVES ET DÉVELOPPEMENTS HISTORIQUES.

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que quand Philippe avait guerre avec le comte deBoulogne, lévêque pria le roi de lui confier les clefsde la ville, et que lui-même a vu que les clefs furentenvoyées et remises à lévêque de la part et par lor-dre du roi. Il dit en outre que les murs et les fossésappartiennent à la commune (1). »

8' TÉMOIN.

« Pierre larchidiacre dépose que lan de lIncar-nation du Seigneur 1225, au mois de septembre,jour de la Saint-Michel, il était présent lorsque lescommunes du seigneur roi de France et du comtede Boulogne allaient, à ce quon disait, à Beauvaispar ordre du seigneur roi. Item, quil fut présentlorsque le seigneur Milon, jadis évêque, parla auroi la veille delà Purification, lan du Seigneur 1252.Item, quil fut présent au concile provincial assem-blé à Noyon lan du Seigneur 1232, en la premièresemaine de carême, et que lévêque y fit porter ences termes plainte par son official contre le seigneurroi, pour les injustices quil lui avait faites : « Saints» Pères, lévêque de Beauvais vous signifie que, tan-» dis que la justice et la juridiction de la cité de» Beauvais appartiennent à lévêque qui peut juger» tous et chacun de Beauvais, et que lui-même et ses» prédécesseurs ont joui paisiblement de ce droit, le» seigneur roi, à loccasion dun forfait commis» contre lui, est venu dans Beauvais à main armée,» avec beaucoup de gens de commune, et nonobstant» les avertissements et supplications de lévêque, a» fait proclamer son ban dans la cité, saisir des» hommes, détruire jusquà quinze cents maisons,» bannir beaucoup de personnesjet commeen quit-» tant la ville il a demandé à lévêque pour les frais» de ces cinq jours (2) quatre-vingts livres parisis,» lévêque, sur cette demande nouvelle et insolite,» réclama un court délai du seigneur roi afin den» délibérer avec son chapitre; mais le seigneur roi» se refusa à tout délai, saisit les choses apparte-» nantes à la maison de lévêque, et sen alla après» avoir laissé des gardes dans la ville et les maisons» de lévêque; cest pourquoi ledit évêque prie le» saint synode de donner conseil et aide à lui et son» église (3). »

« Et les trois évêques vinrent à Beauvais et aver-tirent lévêque de Beauvais, ceux qui étaient pourle seigneur roi, Robert de Muret et les pairs de lacité, quils venaient de la part du concile senquérirtouchant la justice de léglise de Beauvais, et les in-

(1) On y oit que la commune avait gagné quelque chose depuis 4214;la propriété de ses murs et de ses fossés lui était reconnue et as-surée.

(2) La somme réclamée ici par saint Louis létait comme droit de gîte,

jures que le seigneur évêque disait avoir reçues. Les-dits évêques senquirent donc de ces choses.

» Item, ledit témoin était présent la semaine dela Passion, à Laon, se rassembla le concile et futrapportée lenquête. Et lannée suivante, un jourquil ne se rappelle pas, avant la Saint-Martin dhi-ver, il fut présent à Beaumont, lon traita lon-guement daccommodement; et comme larchevêquede Reims, qui disait avoir lautorité du concile, nyput parvenir, on traita de la manière de mettre lin-terdit; et étaient présents les évêques de Senlis,Soissons, Châlons, Cambrai et Beauvais; mais on nefit rien, si ce nest'conférer entre soi; larchevêqueet le concile restèrent ensuite longtemps ensemble,et larchevêque dit au témoin : « Sache que sentencesera portée... »

Larchevêque de Reims sétait en effet rendu àBeaumont, près du roi, avec plusieurs évêques etdéputés de chapitres, pour le prier de pardonner àléglise de Beauvais et entrer avec lui en accommo-dement ; mais le roi ne put sentendre avec eux etles fit congédier. Sur ce, linterdit fut aussitôt pro-noncé par larchevêque.

« Item, il fut présent lorsque le seigneur évêquede Soissons, de la part du seigneur archevêque etdes évêques qui étaient au concile, nonobstant lap-pel de lévêque de Beauvais, leva linterdit mis surléglise de Beauvais; et cela fut fait le lundi ou lemardi avant Noël, et le dimanche davant lévêqueavait porté appel... »

Ce nétait pas tout à fait de leur plein gré que lesévêques levaient cet interdit, ils y étaient en quelquesorte forcés par les réclamations qui leur venaientde toutes parts. Deux chapitres du diocèse de Senlisavaient refusé de sy soumettre; et les curés de cemême diocèse, « voyant quils ne gagnaient plus» rien en cessant de prier Dieu pour les morts, »menaçaient leur évêque den appeler, sil ne levaitlinterdit. Les diocèses de Laon et de Soissons se re-fusèrent nettement à lobserver; le chapitre dA-miens déclara à larchevêque de Reims quil ne re-connaissait ni linterdit, ni le concile. Enfin plusieursévêques de la province de Reims sélevèrent contrecette mesure, et, en présence même du concile, an-noncèrent quils en appelaientau pape. Larchevêquede Reims, beaucoup plus décidé dans cette affaire,se vit donc obligé de céder, et la voie de lappel fut

sorte de tribut que le seigneur suzerain avait droit de lever sur scs vassauxquand il leur rendait visite.

(3) Les passages supprimés ne sont quune répétition des faits racontésdans le premier témoignage.