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Cours d'histoire moderne / par M. Guizot. / Histoire générale de la civilisation en Europe, depuis la chute de l'Empire romain jusqu'à la Révolution française
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PREUVES ET DÉVELOPPEMENTS HISTORIQUES.

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soin du repos, et rendu ainsi lascendant à ceux qui seportent lesdéfenseurset les garants de Tordre public.

Guillaume des Grez monta en 1254 sur le siègede Beauvais, et les premières années de son pontifi-cat virent renouveler la querelle que venait dassou-pir son prédécesseur. Pour cette fois ce fut avec lechapitre queut affaire la commune i et lévêque pritpeut-être quelque plaisir à considérer la lutte de cesdeux rivaux de son pouvoir. Larrêt rendu en 1257par le parlement de Paris explique clairement dequoi il sagit :

« Lan du Seigneur 1257, Louis régnant, Guil-laume des Grez, gouvernant léglise de Beauvais, lemaire et la commune de Beauvais intentèrent uneaction devant le seigneur roi contre le doyen et lechapitre de Beauvais, disant et soutenant quentreles libertés et privilèges accordés à la commune deBeauvais par les rois, il avait été accordé et consi-gné dans les chartes « que quiconque forfairait à» un homme qui aurait juré la commune, le maire» et les pairs, lorsque clameur leur en aurait été» portée, devraient faire, selon leur délibération,» justice du corps et des biens du délinquant. » Et,disaient-ils, plusieurs exemples en ont été faits surdes abbés, des chevaliers et bien dautres. Et que,comme un certain homme desdits doyen et chapitre,nommé Étienne de Mouchy, et demeurant dans leurterre de Mareuil, avait frappé un homme de la com-mune, nommé Clément, et que le doyen et le cha-pitre, souvent requis par lesdits maire et pairs den-voyer le coupable dansla commune pourquil expiâtson forfait suivant leur délibération, ne se mettaientpas en peine de le faire, ils demandaient quils yfussent contraints par le seigneur roi.

» Le doyen et le chapitre soutenaient, de leurcôté, que leur homme et justiciable nayant pointété convaincu du crime dont on laccusait, ne la-vouant point, nayant point été pris en flagrant dé-lit, et sétant offert à soutenir son droit devant eux,doyen et chapitre, ses seigneurs, ils étaient toutprêts et avaient offert au maire et aux pairs de citerdevant eux ledit Étienne et de prononcer sur l'affaire;,et quils étaient encore prêts, et enjoignaient avecinstance à leur cour, daccorder un supplément dejustice à quiconque se plaindrait dudit Étienne.

» Ayant donc entendu ces raisons et examinant leschartes produites de la part du maire et de la com-mune, il a été jugé, par le seigneur roi et ses con-seillers, que le doyen et le chapitre devaient avoirleur cour. Fait publiquement à Paris, en cour plé-nière de parlement, la même année 1257. »

Les bourgeois devaient être peu satisfaits de cet

arrêt qui donnait si complètement gain de cause àleurs adversaires; peut-être leur défaite parut-elleà lévêque une bonne occasion de reprendre contreeux léternel procès du droit de justice, car il lerengagea sans cause à nous connue; et, rencontrantdans les maires et pairs de Beauvais la même résis-tance, il mit, en 1265, linterdit sur la ville et lesfaubourgs, après avoir donné au chapitre toutes leshumbles déclarations quon exigea de lui. Le roi,jugeant cette affaire digne de sa présence, se rendità Beauvais ; et lévêque, comme pour lui faire leshonneurs de sa cité, en leva linterdit pour tout letemps quil plairait au roi dy séjourner. Je suismême porté à croire quil ne le remit pas après ledépart de Louis, et que les parties, par égard pourleur puissant médiateur, consentirent à quelque re-plâtrage menteur. Les esprits, contenus en dépitdeux-mêmes, nen furent que plus prompts à sé-chauffer de nouveau; et Beauvais retomba dans toutesses agitations, lorsque Renaud de Nanteuil, succes-seur de Guillaume des Grez, voulut, en 1273, con-tre les antiques coutumes delà cité, sarroger le droitdôter les sentinelles mises par le maire et les pairs,à loccasion dun trouble survenu dans la ville. Lepeuple se souleva violemment contre cet empiéte-ment de ses droits; et lévêque, se voyant forcé deretirer ses sentinelles et de laisser faire les bour-geois, eut recours alors aux armes quon ne pouvaitlui disputer, et mit la ville avec ses faubourgs en in-terdit. Gette rigueur ne termina point le soulèvementauquel vint se mêler le débat, toujours renaissant,du droit de justice; enfin, au bout de deux ans, cedifférend était devenu assez grave pour attirer lat-tention de Philippe le Hardi; le choix seul des per-sonnes quil envoya à Beauvais indique limportancequil attachait à leur mission : cétait le cardinal deSainte-Cécile, légat du saint-siège; Ansold, sei-gneur dOffemont, et le chantre de léglise deReims. Ces trois envoyés royaux, après avoir passéquelque temps à Beauvais, amenèrent enfin les par-ties à un accord, intitulé vulgairement grandecomposition (compositio pacis), et quon auraitplutôt nommer grande confusion , dit Louvet. Lelecteur se convaincra sans peine de la justice dece reproche ; les événements seuls la démontre-raient.

« Philippe, par la grâce de Dieu, roy des Fran-çois; sçavoir faisons à tous ceux qui sont présens etviendront cy après. Que comme il y eut débat etcontension entre nostrecher et féal Renault, evesquede Beauvais, dune part, et les maire et pairs de cettecommune de Beauvais, dautre part, touchant diversarticles contenus cy-dossous. Finalement par len-

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